‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 120 sur 139 · I.K GÉNÉRAI. CAIKAliKl.l.I Al" >fAliK(;ilAI. MAlîMoM · texte numérisé non relu

I.K GÉNÉRAI. CAIKAliKl.l.I Al" >fAliK(;ilAI. MAlîMoM

« llcçue nu cnmp (l'Allici-liiii' ■.

le 21 juillet 1812.

« Si j'avais une heure d'entretien avec Votre Ex-

i.iviU'; \v i;i^. — (:t)iiKi:spo.M)A.M:i':. i-^)

celleiue, elle verra il que je ne mérite pas de repioches,'et encore moins l'ironie amère avec laquelle votre lettre du "2 est terminée. Je sens tout comme un autre de quelle importance il est pour la gloire et pour les intérêts de lEmpereur de battre lord Wellington de préférence aux bandes. Je suis aussi attaché qu'un autre à les conserver, mais une forte expédition est venue; je ne sais ce qui va venir des Asturies ou surBurgosou sur la Castille, et j'ai trèspeu de bonne infanterie. La cavalerie et l'artillerie seraient parties si j'eusse pu les faire appuyer par de l'infanterie: je les aurais fait joindre au général Bonnet si j'eusse connu son mouvement. L'embarras est de se mettre en route, parce que j'espère qu'elles seront appuyées par des troupes venant à leur rencontre de Valladolid. Ce qu'il y a de certain, c'est que je suis entouré d'ennemis, attaqué de tous côtés, et que, si j'eusse fait le détachement que j'avais disposé et qui était à la veille de son départ, l'ennemi serait maître de tout le pays et aux portes de la France. »

LE HOI JOSEPH Ai: MARÉCHAL MARMONT.

. .Nhidiiil, le 21 juillet 181-2.

a Ayant perdu l'espérance de vous faire secouiir par des troupes de l'armée du Midi et de l'armée d'Aragon, j'ai pris le parti d'évacuer toutes les pro-

4'2'i MÉMOIMES DU DUC DE RAGUSE.

vinces comprises dans larrondissement de raiinée du Centre, et je n'ai laissé de garnison qu'à Madrid, Tolède et Guadalaxara, et je pars ce soir avec un corps de treize à quatorze mille hommes. Je vais me diriger sur Yillacastin, Arevalo, et, de là, je me porterai sur Ormedo pour m'unir à vous, ou sur Fontiberos et la Tormès, pour menacer les communications de l'ennemi suivant les événements et le parti que vous prendrez. J'ignore votre position, je nai pas de notions bien précises sur celles de l'ennemi ni sur ses forces; je ne peux donc pas juger de ce que vous pouvez faire, et, par conséquent, vous envoyer des ordres formels : ainsi c'est à vous à me faire savoir ce que vous êtes dans le cas d'entreprendre au moyen des secours que je vous mène, et j'agirai en conséquence. Je vous fais seulement observer que je ne veux pas être longtemps éloigné de ma capitale; il faut donc agir prompteinent. Je vous préviens aussi que je ne peux me réunir avec vous qu'autant (juc vous passerez le Duero, étant dans la ferme résolution de ne pas passer la rive (li()it(i de ce fleuve, et de me tenir plutôt en Andalousie pour y chercher l'armée du Midi, et revenir ensuite au centre de l'Espagne et y livrer bataille à larmée anglaise. Calculez, d'après cela, ce que vous pouvez entreprendre, faites-le-moi savoir, et je ferai tout ce qu'il me sera possible de faire avec le corps de troupes.qui est à moi. Je dois vous faire

LIVHK XV i;is. — rORRESPONDAiNCK. 4'27

observer que, tant que je ne connaîtrai pas vos intentions, je devrai agir avec circonspectioij, afin de ne pas nn'exposer à être battu ou au moins à reculer. Mon mouvement doit nécessairement fixer l'attention de l'ennemi; il devra détacher des troupes pour m'observer, c'est à vous à en profiter pour agir, afin de ne pas laisser à lord Wellington la facilité de faire impunément un détachement sur moi.

c( Je vous ai développé plus haut les motifs qui m'empêchent de vous donner des ordres précis; mais voici mon opinion sur la manière dont vous devez agir : aussitôt que lord Wellington aura fait un détachement sur moi, vous devez vous porter sur la rive gauche du Duero, soit par le pont de Tordesillas, soit par le pont de Toro. Si vous passez par Tordesillas, je me porterai sur Médina ou Valdestillas a lin de me réunir à vous, et ensuite nous agirons avec vigueur. Si vous passiez à Toro et que vous vous portiez sur Salamanque, je me porterais sur Alba de Termes par Fontiberos. Cette dernière opération aurait l'avantage de forcer lord Wellington à quitter les enviions de Tordesillas pour se réunir à Salamanque, et un premier mouvement rétrograde serait fort avantageux pour l'opinion et nous donnerait la faculté de nous réunir. Il n'est pas probable que lord Wellington se hasarde à passer sur la rive droite du Duero par Tordesillas lorsqu'il verra que vous et moi nous nous portons sur

Salamaiique, puisqu'il perdrait sa ligue d'opération sur le Portugal, à laquelle il doit tenir beaucoup. Je n'hésiterais pas même à vous donner l'ordre de vous porter rapidement surToro, et de là sur Salamanque, si je savais ce qui se passe sur la rive droite du Duero, où on dit qu'une armée espagnole est en opération. Cependant je ne puis me dispenser de vous faire observer que cette armée sera bientôt dispersée si nous parvenons à battre l'armée anglaise. Faites-moi donc savoir, monsieur le maréchal, ce que vous croyez pouvoir entreprendre, et comptez que de mon côté je ferai tout ce qui dépendra de moi. »

l.li ROI JOSEPH AU MAUKCIIAL MARJIONT.

«24 juillet 1SJ:2

« Monsieur le maréchal, je vous ai écrit par six différentes voies en vous annonçant mon départ de Madrid dans le but de vous porter moimême les secours que je n'avais pu vous procurer des autres armées. J'avais appris à Villacastin et on nie confirme ici votre passage du Duero ot la retraite de l'armée anglaise sur Salamanque. Je suis impatient de cou naître par vous-même la vérité de ce qui se passe, et vos espérances et vos projets. J'ai avec moi douze mille hommes, deux mille chevaux et vingt bouches à feu. Je ne

Page 1