‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 73 sur 139 · LIVRE XV BIS. — CORRESPONDANCE. 2U · texte numérisé non relu

LIVRE XV BIS. — CORRESPONDANCE. 2U

aux dragons, me donnera une force en cavalerie siiffis<iiik' pour le nioiioement; je soutiens le coiicoi par nuulre dirisioiis et je ni\ rends de ma personne. Je ne pense pas que l'ennemi fasse de dispoHitioua poar s'opposer à non entrée. Mais, si l'armée anglaise passait l'Agueda pour livrer bataille, falleiulnis sur la Tormh la dicision du Tage et les troapes (^ik- le ijènêral D rsenne pourrait uCaniener ; mais sans doute ce cas n'arrivera pas. Cinditd-llodriijo srra ainsi <ipprovisl(iiui('']usq\i'k\i\ rccoUe,et, k moins dUm s ié<p% il ne doit plus être l'objet d'aucune sollicitude. Celte opéiation terminée, les troupes du général Dorsenne serojit relevées sans retard dans le septième gouvernement. »

l.K GKNKHAC DOUSEXXE AU MARÉCHAL MAl-MOMT.

« V;ilbcl(ili.l, le 25 janvier ISIL\

« Monsieur le maréchal, votre aide de camp vient de me remettre votre lettre du 21 décembre, avec le rapport du général Thiébauld à la même date.

c( Votre Excellence sait qu'après avoir mis à sa disposition la division Roguet, deux batteries d'artillerie, la brigade de fusiliers de la garde et la cavalerie légère de l'armée, il ne me reste aucune troupe disponible. Je ne puis donc compter que sur celles qui se trouvent en Palencia,.Léon, Benavente et Valladolid, en évacuant ces provinces, en

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les abandonnant aux insurgés, en laissant à lennemi des ouvrages et postes retranchés importants et en arrêtant les communications avec Bayonne et Madrid. Mais, d'après l'urgence que vous m'avez démontrée, je n'hésite pas à donner l'ordre à ces timipes de se tenir prêtes à marcher au premier avis. Si mon aide de camp, porteur de la présente, fait diligence, en quarante-huit heures je puis connaître la dernière détermination de Votre Excellence.

c( [.es troisième, quatrième et cinquième gouvernements du nord de TEspagne n'étant occupés que par des bataillons de marche, je ne puis en retirer un seul homme. Malgré mes efforts et mes calculs, je ne pourrais rassembler que six mille hommes d'infanterie, mille chevaux et douze pièces de canon; et, quelque célérité que je fasse apporter dans mon mouvement, ces corps ne seraient réunis à Toro que vers le 2 du mois prochain.

a Comme le mouvement de l'armée combinée sur Tamamès n'est pas confirmé, qu'on ignore encore les forces de l'ennemi et que les Anglais ont l'habitude d'être lents dans leurs expéditions, je vais employer le temps qui s'écoulera jusqu'à la réponse de Votre Excellence à faire évacuer les blessés et les malades qui se trouvent dans les différentes places, et à réunir à Valladolid l'administration avec les équipages des corps.

LIVUE \V nis. — CUKUESI'O.MIAiM:!:. -l'Xy

i( Avec les dragons à pied de votre armée qui étaient à Valladolid, il n'a été possible que de relever les postes de Puente-Duero à Valdestillas. Les ordres sont donnés pour que tout ce qui doit arriver de Burgos soil dirigé de suite sur Toro. Le général Curto partira avec le régiment de marche de dragons le 26; le bataillon du 47% qui est à Almeida, sera aussi dirigé sur Toro aussitôt qu'il aura été relevé par un bataillon de marche.

(( Jai fait mettre en route, ce matin, non sans peine, vingt-deux caissons de votre grand parc, qui étaient restés à Valladolid. Ils rejoindront demain la division Hoguet à Médina et suivront son mouvement sur Toro. Enfin, toutes les dispositions sont prises pour faire filer sur cette destination ce qui arriverait du Nord, appartenant à l'armée de Portugal.

(( Je reviens à un objet qui mérite de fixer notre attention : en évacuant les lignes de l'Orbigo et de Cyla, nous fournissons aux Galiciens l'occasion (si le cas exige de nous porter en masse sur Salamanque) de s'emparer de nos ouvrages retranchés et de marcher ensuite, sans obstacle, sur Valladolid, en supposant que les opérations qui se présentent soient combinées, comme le prouvent les rapports qui m'annoncent unanimement l'arrivée à Villafranca de plusieurs généraux et officiers anglais et la réunion de plusieurs corps. Cette réflexion doit

nous donner des craintes pour les suites. Je prie Votre Excellence de la méditer. D'ailleurs, je ne puis lui laire que mou opinion est que les Anglais, apprenant la jonction des armées impériales, renonceront, s'ils en avaient le projet, au hasard d'une bataille. Car il est à supposer que leur prétendu mouvement sur Ta marnés par échelons n'a été opéré que pour avoir le temps d'approvisionner Rodrigo et de mettre cette place en état. Ils sortiraient des bornes de leur extrême prudence en marchant avec toutes leurs forces surSalamanque; ce serait nous offrir trop d'avantages et ils auraient lieu de s'en repentir; car, quelque nombreux qu'ils soient, nous sommes plus qu'en mesure de les accabler, et ils éviteront toujours, tant qu'ils pourront, de nous attendre en plaine. Je me résume et crois fermement que l'armée combinée ne tentera pas, cette campagne, le passage de la Tormès. « Je suis persuadé, monsieur le maréchal, que vous reconnaîtrez dans ma conduite et mes observations que toute espèce de considération cède au désir de déjouer les projets de l'ennemi et de coopérer au succès de vos opérations. »

LE MA.IOR GÉNÉRAI. AU MARÉCHAL MARMOM

a Paris, le 25 janvier |S1'2.

«Je vous envoie, monsieur le maréchal, un Moni-

LIVI'.E XV IMS. — CdIUlESl'ONDANCE. ^i'j7

Icnr qui vous fera couuaitre l'état de choses du coté de Valence. L'Empereur a vu avec peine, monsieur le duCj la mauvaise direction donnée au général Montbrun, et que les ordres et contre-ordres donnés ont rendu inutile le mouvement que Sa Majesté avait prescrit. Vous avez reçu, le 13 décembre, l'ordre d'envoyer six mille hommes sur Cuenca pour renforcer le général Darmagnac et le mettre à même de marcher rapidement sur le corps espagnol qui était à Requena en Utiel. Sa Majesté était fondée à croire que, le '24 ou le 25, cette puissante diversion aurait agi.

« Les ordres de l'Empereur n'ont donc pas été exécutés comme Sa Majesté le désirait. Cela provient de ce que vous avez hésité dans vos dispositions. Au lieu d'un corps volant que TEmpereur voulait lancer à tire-d'aile sur Cuenca, vous avez voulu faire marcher un corps d'armée et trente pièces de canon. Sa Majesté (je dois vous le dire, monsieur le maréchal) pense que, dans cette circonstance, vous avez plus calculé votre gloire personnelle que le bien de son service. Vous connaissez assez l'Empereur, monsieur le maréchal, pour concevoir que, s'il eût voulu opérer une grande diversion en portant un corps d'armée et trente pièces de canon sur Valence, il vous aurait ordonné de passer par Almanza. Il en résulte qu'un mois après l'ordre que vous avez reçu d'envoyer un corps de

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six mille hommes sur Cuenca l'ennemi était lonjouis maître de Requena, et qu'alors vous n'aviez rien fait pour l'avantage de l'armée de Valence.

a L'Empereur, monsieur le duc, espère que cette lettre vous trouvera à Valladolid. Sa Majesté vous ordonne de suivre strictement les ordres ciaprès :

« 1" Rappelez, si vous ne l'avez déjà fait, le corps du général Montbrun;

c( 2" Vingt-quatre heures après la léception de cet ordre, faites partir une des divisions de votre armée avec son artillerie, et organisée comme elle se trouvera au moment où vous recevrez cet ordre, et vous la dirigerez sur Burgos pour faire partie de l'armée du Nord. Sa Majesté défend que vous changiez aucun officier général de la division que vous enverrez, et qu'on y fasse aucune mutation.

« Vous recevrez, en échange, trois régiments de marche, forts de cinq mille hommes présents, que vous incorporerez dans vos régiments. Ces régiments de marche partiront le même jour que la division que vous avez l'ordre d'envoyer à Burgos y arrivera. Toute la garde a l'ordre de rentrer en France, ce qu'elle ne pourra faire que quand la division que vous devez envoyer à Burgos y sera arrivée.

« Valence pris, le général Caffarelli se rendra à Panipelune pour faire également partie de l'armée

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du Nord. Celle année se trouvera donc composée de trois divisions, savoir :

« Celle que je vous donne l'ordre d'y envoyer;

c< La division Caffarelli,

« là une troisième division, que le général Dorsenne va former avec le T)V léger, les 115'' et lôif de ligne et les Suisses.

« La cavalerie de cette armée sera formée du régiment de lanciers de Berg^ du 1"" régiment de hussards, des 15' et 51" de chasseurs, et de la légion de gendarmerie à cheval.

« Ainsi l'armée du Nord se trouvera à même d'aller à votre secours avec deux divisions si les Anglais marchaient sur vous. Ce cas arrivant, le général Reillc, qui, aussitôt après la prise de Valence, aura le commandement du corps d'armée de l'Èhre, pourra, de Saragosse, envoyer une division sur Pampelune; mais cela n'aurait lieu que dans le cas seulement où les Anglais déploieraient de grandes forces et feraient un mouvement offensif sur vous, ce que rien ne porte à penser. Valence pris, le niaréchal Suchet restera dans cette province avec vingt-cinq mille hommes; le général Ueille sera à Lerida avec le corps de l'Èhre, fort de trente-deux mille honnnes, non compris les garnisons des places de la Basse-Catalogne. Il se placera à Lerida ou à Saragosse. Le général Dorsenne sera à Burgos avec l'armée du Nord, forte de trente-huit mille hommes.

« Je vous ai prévenu de l'ordre donné aux trois régiments polonais qui sont à l'armée du Midi pour rentrer en France; quand ils passeront dans l'arrondissement de votre armée, activez leur marche, au lieu de la retarder. »

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