LIVRE XV BIS. — CORRESPONDANCE
niée du Nord; mais je devais me nourrir par la province de Tolède, et le détachement de seize mille hommes sur Valence a été ordonné par Napoléon le "21 novembre. A qui donc la faute? à qui revient le blâme? qui en est le coupable? Ce n'est pas moi sans doute, qui n'ai fait qu'exécuter des ordres précis et impératifs.
Plus loin, il dit, en parlant du siège de Ciudad- Rodrigo (voyez p. 551) : « Si, du 17 au 18, avec les trente mille hommes que vous aviez sous la main, vous aviez marché à tire-d'aile sans livrer bataille, mais faisant mine de le vouloir, l'ennemi, déconcerté par votre arrivée, était résolu à lever le siège de Ciudad-Rodrigo. Qui vous empêchait, en effet, de vous porter avec vingt-cinq mille hommes entre Salamanque et Ciudad-Rodrigo? » La réponse est simple et facile : c'est le 15 seulement que j'ai reçu à Avila, par un officier expédié de Salamanque par le général Thiébault, la nouvelle de l'entrée en campagne des Anglais et leur passage de l'Âgueda le i<>. Quelle qu'eût été la diligence de mes dispositions, ma promptitude à diriger toutes mes colonnes en mouvement sur Fuente-El-Sauco, en arrière de Salamanque, elles ne pouvaient y arriverque du 20 au ^ 7 . Je ne pouvais donc pas me porter à moitié chemin de Salamanque et Ciudad-Rodrigo le 17 ou le IS.
11 revient de nouveau à cette offensive de comédie, et dit : « Si Wellington se dirige sur Radajoz,
laissez-le aller; marchez sur Almeida, poussez des partis en Portugal. »J'ai répondu déjà à ces projets; mais l'obstination toujours croissante de Napoléon me décida enfin à me soumettre à ses ordres. Le résultat de mon obéissance confirma tous mes raisonnements et justifia mes prévisions.
Enfin, plus bas, il dit encore : « En ne songeant qu'à l'armée du Midi, qui n'a pas besoin de vous, puisqu'elle est forte de quatre-vingt mille hommes des meilleures troupes de l'Europe; en ayant des sollicitudes pour les pays qui ne sont pas sous votre commandement, un combat ' que vous éprouveriez serait une calamité qui se ferait sentir dans toute l'Espagne; un échec de l'armée du Midi la conduirait sur Madrid ou sur Valence, et ne serait pas de même nature (voyez p. ooi)). »
C'était précisément pour conserver et augmenter les moyens de l'armée de Portugal que je ne voulais pas les user dans une offensive puérile et qui ne pouvait avoir aucun résultat utile; et la position sur le Tage, en liaison avec l'année du Midi, en contenant Wellington, suspendait les opérations pendant un temps illimité et remplissait jusqu'à la récolte un but important. Puisque Napoléon comprenait autrement l'importance de mon rôle, il fallait alors me donner les moyens de le remplir; mais
* Il vout dire sans doute une délaite.
{Noie du duc de lingiise.)