LIVRE XIÏ. — 1809. tîi
pris Tavance, tous les bagages de Farinée suivirent, et l'armée ensuite, en marchant en colonnes renversées. Je disparus tout à coup aux yeux de Giulay, qui, au lieu de me suivre dans les montagnes, repassa la Drave et la remonta pour la défendre.
Mes troupes prirent position à Vôlkermarkt, où l'ennemi n'avait personne. Le pont fut réparé, et il y eut une telle activité dans ces travaux et dans mon mouvement, que mon corps d'armée avait déjà passé la rivière, mon avant-garde avait descendu la Drave et occupait déjà Lavamûnde lorsque les éclaireurs de Giulay s'y présentèrent.
Je fis courir le bruit de ma marche sur Marbourg, et ordonnai de préparer des vivres pour mes troupes dans cette direction : ruse que tout le monde emploie et qui produit toujours quelque effet. Giulay rassembla ses troupes pour défendre la vallée et m'attendit. Pendant ce temps, je marchais encore en colonnes renversées, mon arrièregarde se portant sur Wolfsberg et Voitzberg, tandis que mon avant-garde, placée à Lavamûnde, couvrait mon mouvement.
Nous traversâmes rapidement ce massif de montagnes et la haute montagne de Pach, et nous arrivâmes comme par enchantement dans le bassin de la Muhr. Je communiquai immédiatement avec le général Broussier, qui avait évacué Grâtz avec sa division^ — ^' — '^'^'n au pont de Gôsting, à l'en-
trée des gorges, et l'engageai à mettre sa division en mouvement sur la rive droite de la Muhr, afin de se réunir à moi pour aller combattre Tennemi, qui se rassemblait à Wildon.
Le général Broussier, en exécutant ce mouvement, vint me trouver de sa personne à Liboé, où j'étais arrivé avec la division Glausel. Je ne pus déboucher au même moment, parce que le général Montrichard, par suite de son incroyable ineptie, s'était arrêté et se trouvait ainsi à une marche en arrière. Instruit de cette halte si inopportune, je lui envoyai ordre sur ordre de venir me joindre. U marcha la nuit, mais il causa cependant un retard de plus de douze heures.
Le général Broussier, en faisant le mouvement que je lui avais prescrit, avait envoyé deux bataillons du f<-V pour bloquer le fort de Gràtz et occuper les. portes de la ville. Une vive fusillade avait été entendue le matin à Gràtz. Le général Broussier m'en rendit compte sans en expliquer la cause. La chose était claire pour moi :' le régiment ne s'était pas amusé a fusiller avec la citadelle; rennemi était donc rentré dans Gràtz. et Giulay y avait dirigé une partie de ses forces. Je renvoyai, sans pe^ dre un moment, le général Broussier à sa division, avec ordre de rétrograder et de marcher, par la rive gauche, au secours de ce beau régimenti si fort compromis. Une défense héroïque donna le