‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 139 sur 247 · LIVRE XII. — CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XII. — CORRESPONDANCE

réloignement de Tennemi et les nouveaux ordres qui me sont annoncés, je ne devais pas marcher sur €uâds, où d'ailleurs sans doute je ne trouverais plus personne : car, puisque l'ennemi n'a pas voulu me combattre à Grâlz, où toutes les circonstances locales étaient à son avantage, il ne le fera nulle part. — Mais, pour me mettre à même de l'attaquer, s'il se rapproche dans sa marche, et, dans tous les cas, pour lui fermer le chemin de Vienne, j'ai cru devoir marcher parallèlement à lui, et je me rends ce soir à Gleisdorf, qu'il occupe déjà depuis hier, ou je pourrai aller chasser l'ennemi de Feldbach, s'il y est encore, et, dans tous les cas, voir ce qui se passe sur les bords du Raal. Aussitôt que le mouvement de l'ennemi sera plus décidé et que j'aurai la nouvelle que Guâds a été évacué, je donQygrai J'ordre à la division du général Broussier de se porter sur Neustadt, ainsi que vous me le prescrivez. En attendant, je la laisse à Gràtz. C'est sans doute .par erreur que le général Broussier a rendu compte qu'il existait quinze cent mille cartouches dans le parc de réserve de l'aile droite de l'armée d'Italie, il n'y a dans ce dépôt de munitions, y compris celui •de sa division, que cent quatre-vingt mille cartouches.

c< Je puis aftirmer à Votre Altesse Sérénissime qu'il n'y a aucune espérance d'avoir le château de Gràtz, si on ne l'assiège sérieusement. J'ai ordonné des

:^no MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.

travaux, des mines; j'ai envoyé chercher quatre pièces dé gros calibre à Laybach; mais il faut du temps pour en obtenir les effets. J'ai également bit demander de la poudre qui me manque. Le commandant du fort parait un homme très-déterminé à se défendre et au-dessus de toute considératicm; car, ce qui est sans exemple, il canonne et fusille constamment les maisons, places et rues; et les habitants en sont encore plus victimes que les soldats. Il Y en a déjà eu un certain nombre de tués ou blessés; mais, quant à nous, il nous gêne beaucoup par la grande quantité d'obstacles qu'jl met à nos communications. Je laisse, pour commencer les travaux du siège, deux bons ingénieurs de mon corps d'armée avec une compagnie de sapeurs.

« Votre Altesse Sérénissime me donne l'ordre d'envoyer deux compagnies d'artillerie à pied i Neustadt. Je la prie de me dire si je dois aussi y esvoyer mon matériel, car il ne me restera plus pe^ sonne pour le servir. J'ai trouvé le moyen d'organiser dix-sept bouches à feu, et six m'arriveroai d'Italie dans deux ou trois jours. Les compagnies de canonniers que j'ai sont insuffisantes pour le 8e^ vice de ces bouches à feu, d'autant plus qu'eUff fournissent un détachement de cent vingt homme» pour la conservation, la garde et la conduite des mu* nitions portées par des chevaux de bât, seul moyen d(' transport que nous ayons encore aujourd'hui ri

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