‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 156 sur 247 · LE MARÉCHAL MARMO^^T AU MAJOR GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

LE MARÉCHAL MARMO^^T AU MAJOR GÉNÉRAL

« 14 juUlel i809.

« Monseigneur, quoique mes rapports journaliers vous aient fait connaître dans le plus grand détail les événements qui viennent d'avoir lieu, je crois de mon devoir de vous rendre un compte qui en présente Tensemble.

c( Le 7, je reçus Tordre de me porter en avant avec mon corps d'armée augmenté de la division bavaroise et de la cavalerie légère du général Montl^run, pour marcher à la recherche de l'ennemi par la route de Nikolsbourg. Arrivé à Wùlfersdorf, j'y acquis la certitude que très-peu de troupes ennemies y avaient passé, et qu'au contraire la masse de ses forces était dirigée sur Znaïm. Je me mis en marche pour me porter sur cette ville, à une lieue et d/îmie de laquelle j'arrivai le 10, à onze heures du njatin. Toils les rapports qui m'avaient été faits s'accordaient à m'annoncer que l'armée ennemie avait dépassé cette ville, et que je n'y trouverais plus qu'une arrière-garde.

c( Je vis bientôt paraître^ sur les hauteurs qui III. 21

couvrent le bassin de Znaïm, six à sept raille hommes dlnfanlerie qui voulaient m'en disputer la possession. Je les fis immédiatement attaquer par la division Clausel, soutenue par la division bava» roise, ayant en réserve la division Glaparède.

c( Le 8' régiment d'infanterie légère, soutenu du 23% chargea avec tant de vigueur et de confiance l'ennemi, que, dans peu d'instants, il fut forcé à la retraite. Le général Delzons conduisait cette charge avec son habileté ordinaire. La cavalerie du général Montbrun culbuta toute la cavalerie ennemie qui était sur la gauche, et nous arrivâmes bientôt sur les bords du ravin qui borde la plaine.

ce J'aperçus alors bien distinctement dix à douie mille hommes de troupes autrichiennes dans le bassin, et un corps de vingt à vingtrcinq mille sur la rive droite de laThaya, qui n'avait pas eu le temps de passer cette rivière. Déjà différents indices me faisaient soupçonner le voisinage du maréchal Masséna par la route de Stokerau.

<c Je pensai que la fortune m'offrait la plus belle occasion possible, et que je pouvais détruire Taruiée ennemie en battant ce que j'avais devant moi, en coupant les ponts, et livrant tout ce qui était de l'autre côté de la rivière au maréchal Masséna.

« Je fis mes dispositions d'attaque; mais, avant lie les faire exécuter, je crus utile de bien faire éclairer ma droite, et j ordonnai un mouvement

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