‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 180 sur 247 · III · texte numérisé non relu

III

c( Votre Excellence, ne me parlant que de la Croatie, nie fait soupçonner que l'Empereur n'a eu pour objet, dans ce qu'il prescrit, que le redressement de torts qu'il croyait exister, et non la mise sur te pied de paix, qui semblerait dans ce cas devoir re* garder tout mon corps d'armée. J'attends donc de nouveaux ordres, qui sans doute lèveront bientôt mon hésitation à cet égard.

« J'ajouterai à ce qui précède une observation dont je demande à Votre Excellence de peser l'importance. Si les troupes sont sur le pied de pais rt qu'on n'ordonne pas leur solde en papier au cours déterminé et fixé par M. d'Âuchy, qui est celui du marché, il est impossible que les troupes vivent, attendu qu'elles recevraient moins de dix sous pour un franc. Le cours fixé et suivi étant de cinq florins pour un, M. d'Auchy a refusé de payer à ce taux et a rendu compte au ministre des finances, qui n'a pas encore répondu. Je demande à Votre Excellenee d'obtenir de Sa Majesté une décision qui fixe notre situation ; et, puisque les troupes ne peuvent pis recevoir d'argent, il me parait indispensable, pour qu'elles puissent subsister, qu'on leur donne an vivres en nature, et encore seront^elles très-misirâbles, ou du papier à sa valeur réelle et an ootn fixé par M. d'Auchy, tel enfin que la caisse publiqte le reçoit.

<c II me reste une autre demande k idresÉor i

UVIIE Xlll. — CORRESPONDANCE. r87

Votre Excellence : c'est que, comme les provinces cédées par l'Autriche, et qui font la presque totalité des ressources de l'Illyrie, au moins pour le . moment, ne pourraient pas donner, de plusieurs mois, les moyens de payer les troupes en argent, et que le papier n'a pas cours en Dalmatie, il serait nécessaire de donner un secours en numéraire pour les deux régiments qui sont dans cette province, et qui sont depuis longtemps sans aucune solde. H y a un fonds de près d'un million à Venise, fait au commencement de la guerre pour l'armée de Dalmalie, qui, n'ayant pu le recevoir, n'en a pas disposé. »

LE MINISTRE DE LA GUERRE AU BfARÉGHAL MARMONT.

f P»ris, le 13jaiivieri8i0.

« Monsieur le maréchal, j'ai soumis à l'Empereur la demande que vous me faisiez de quinze miUç fusils pour armer les régiments de Croates que vous formez en ce moment, en priant Sa Majesté de me faire connaître ses intentions à cet égard.

a Sa Majesté me charge de vous mander qu'elle trouve cette demande bien prématurée et bien hasardée, et qu'elle pense qu'il faut ajourner cet armement jusqu'à ce que l'on connaisse bien les dispositions des Croates et que Ton en soit bien sûr. Sa Blajesté craint que d'en agir autrement ce serait

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peut-être agir avec légèreté, et elle a voulu que son observation à ce sujet fût communiquée à Votre Excellence.

a Cependant l'Empereur vous autorise, si vous êtes bien assuré que les Croates ne se serviront pas contre nous des armes qu'on pourrait leur donner, à faire armer tout au plus une compagnie par régiment, mais sans excéder le nombre de mille hommes armés : vous pourrez tirer ces mille fusils de la place de Zara ou de celle de Venise. »

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