LE MARÉCHAL MAHMONT A NAPOLÉON
a Laybacli, le 12 juillet 1810.
« Sire, je reçois la lettre que Votre Majesté m'a fait rhonneur de m'écrire le 3 juillet. Les volontés de Votre Majesté vont être exécutées.
« La défense maritime de Pola va être assurée le
plus promptement possible par une quarantaine de bouches à feu de gros calibre. J'aurai l'honneur, sous peu de jours, d'adresser à Votre Majesté le croquis de ces armements, et de lui annoncer d'une manière positive le jour où ils seront terminés. Par aperçu, je crois que ce travail n'ira pas au delà de la fin d'août.
«J'aurai l'honneur également d'adresser à Voln* Majesté un mémoire détaillé sur les fortifications dont Pola serait susceptible du côté de terre. Plusieurs officiers sont occupés en ce moment d'un travail sur cet objet.
« Si une escadre se présentait dans l'Adriatique, elle trouverait encore un asile assuré à Raguse. il y a deux ans, j'y ai fait faire de très-belles batteries. qui peuvent être en vingt-quatre heures armées de soixante bouches à feu. Ainsi, soit au moyen des canons de la place, soit avec ceux de l'escadre, elle serait garantie.
« Une escadre, mais seulement de cinq à six vaisseaux; serait dans ce moment également en sûreté à Zara.
« Entin la défense de Trieste, complétée par une ligne d'einbossage, est très-respectable, etsuflit, je crois, pour mettre une escadre à Tabri de tout danger.
« Quant à la défense de terre de Trieste, il me parait démontré qu'il est impossible de la rendre
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assez complète pour mettre en sûreté une escadre qui s'y serait retirée. Le port de Trieste, situé au fond d'un vaste entonnoir, ne peut pas être couvert par des ouvrages, et, quelque dépense qu'on fit pour parvenir à ce but, je ne pense pas qu'on pût l'atteindre. Le fort cependant est à l'abri d'un coup de main; il pourrait être amélioré en occupant un mamelon qui se lie avec celui sur lequel il est construit. Mais ces ouvrages exigeraient deux mille hommes; ils seraient susceptibles de quelque résistance; mais ils ne couvriraient pas le port, parce qu'ils n'occuperaient que le quart à peu près de son développement, et que le reste n'est pas susceptible d'être défendu.
a Je viens de demander à la commission de marine, qui se trouve à Trieste en ce moment, un rapport pour l'exécution des volontés de Votre Majesté relativement à l'armement d'un des vaisseaux russes qui sont à Trieste et d'une frégate. J'aurai l'honneur de lui en rendre compte.
K Les travaux que cet armement exige seraient moins difliciles si nos ressources financières avaient été réunies plus tôt; car, si les dépenses qui en résulteront doivent être facilement supportées par les provinces illyriennes, elles sont aujourd'hui audessus de leur force.
« Mais, indépendamment de cette considération, et par premier aperçu, il me parait douteux que le
ins MËMOIHES DU DUC DE RAGUSE.
vaisseau puisse ôtre mis en état de naviguer trèspromptciTiont : 1" faute de pei*sonnel pour diriger les travaux; 2"" par le défaut de mâts, qu'il faudn faire couper, façonner et transporter, tous les mâts des vaisseaux russes ayant été détruits par eux, et par le manque de tout ce qui constitue un étaUissement de marine militaire à Trieste.
« Quant à la frégate, je ne doute pas qu'on ne puisse en très-peu de temps la mettre en état de t^ nir la mer, et on va s'en occuper sans le moindre retard. Mais un secours qui est pressant, c'est l'enToi d'un bon ingénieur constructeur, de chefs d'ouvriers de différentes classes, et d'un commissaire de marine pour prendre l'administration et mettre (le Tordre dans les dépenses* »
LK MARKCIIAL MARMONT AU MINISTRE DE LA GUERflE.
« Laybacfa. le 15 joilleUaiO. r
(' Monsieur le duc, les détails que je me suis bit donner sur l'administration des mines d'Idria, dam la visite que j'y ai faite, m'ont convaincu que eelle administration difficile et compliquée ne peut être dirigée à une grande distance. La nécessité de noitfrir toute la population d'une manière régulière, ks soins de tous les instants, qui soumettent cette population plus qu'au même régime que ne le serait un corps de troupes, exigent que rautorité qu