‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 215 sur 247 · LIVRE XIV. — CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XIV. — CORRESPONDANCE

même; je vous demande également de les soumettre à Sa Majesté.

c( Les mémoires qui accompagnent les projets me paraissent rédigés avec beaucoup de clarté. En conséquence, je crois superflu d'entrer dans de grands détails. Les projets sur Trieste ont été faiti^'soys deux points de vue : le premier, en s'attachant à l'exécution littérale des ordres de Sa Majesté; le second, en s'abandonnant aux idées que font naître les localités et la nature des terrains. Plus je l'ai étudié, et plus je me suis convaincu qu'il est impossible d'obtenir de bons résultats en faisant du château de Trieste le point capital do la défense, et en lui faisant renfermer le matériel qu'il doit contenir; et qu'au contraire on peut faire une très-bonne place en faisant jouer au château le rôle de place secondaire, et en plaçant le centre de la défense à Saint-Vito, et couvrant d'un ouvrage avancé le plateau qui le précède. La place, telle qu'elle a été indiquée dans le projet, serait susceptible d'une bonne défense, n'exigeant probablement pas les quatre mille hommes qu'estime nécessaires le général Maureillan, mais pourrait en contenir beaucoup plus au besoin. Enfin, offrant beaucoup d'espace, ayant un seul point d'attaque, .elle présente d'immenses moyens pour renfermer et mettre en sûreté de nombreux éUiblissements.

« Le seul inconvénient parait être la dépense que

.ir,8 MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.

les premiers aperçus portent à quatre millions cinq (ient mille francs; mais l'opinion générale desiiigénicui^ est que Tévaluation en a été un peu forcée; et, d'ailleurs, dans ces quatre millions cinqccnl . mille francs sont comptées les indemnités pour six c^nt mille francs, dont le payement ne serait pas absolument indispensable.

c( Les projets sur Pola sont aussi complets que por^ sible. Ignorant la pensée précise de Sa Majesté pour cette place, j'ai cru qu'il était convenable que celui que j\ii Ihoiineur de vous adresser remplit toutes les conditions qu'on exige d'une grande place maritime. Sa Majesté pourra en supprimer toute la |»artie qui lui paraîtra superflue. Le peu d'étendue qu'a la rade de Pola, et qui permettrait à Tennemi, mai- Ire de la terre, d'établir des batteries qui commanderaient le mouillage, nous a forcés d'établir une ligne d'ouvrages qui, en l'éloignant, garantit la llotlo de l'action de ses batteries. L'immensité des travaux de la place disparait en partie lorsqu'on réfléchit que, cette place n'ayant que deux points d'attaqiie, ce sont ces deux points pour lesquels seuls on doit épuiser les ressources de l'art, et que renceiiite proprement dite peut être faite avec beaucoup d'économie; partie |K)uvant être non revêtue, partie non terrassée, enfin tous les ouvrages qui sont situés sur le long promontoire terminé par le cap Figo sont inattaquables avant la prise de la

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