‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 235 sur 247 · LIVRE XIV. — CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XIV. — CORRESPONDANCE

tenanls-coloiiels; de manière que tous les documents qui pouvaient nous éclairer nous ont manqué pendant longtemps. D'un autre côté, les règlements de Torganisation des Croates, qui datent de très-loin, qui ont été modifiés en 1 754, sont très-volumineux; nulle part nous ne les avons trouvés rassemblés; et ce n'est qu'avec beaucoup de peine que nous avons pu nous en procurer la plus grande partie. Enfin le siège du commandement et de l'administration centrale de ces régiments était à Âgram. Ainsi tous les documents que renfermait ce dépôt se sont trouvés perdus pour nous. Il a donc fallu marcher avec beaucoup de circonspection et étudier tous les détails de ces régiments avant d'oser donner aucun ordre.

« Des colonels français ont été placés à la tète de ces régiments, et parce que les Croates manquaient d'officiers supérieurs, et parce qu'il était convenable de leur donner des chefs sûrs et les accoutumer à nous obéir. Slivarich, qui était majorcommandant de bataillon, a cependant été placé comme colonel, afin de faire connaître aux officiers croates qu'ils pouvaient parvenir à ce grade; et, pour récompenser l'ardeur et le zèle qu'il montrait, tous les lieutenants-colonels ont été choisis parmi les Croates, afin d'aider les colonels de leur expérience et de leurs connaissances locales, à l'exception de celui du régiment que commande le

:>(ii MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.

colonel Slivarich, qui a été choisi parmi les Français.

« De deux chefs de bataillon qui existent (huis diaque régiment, un a été choisi parmi les Français, l'autre parmi les Croates.

<( Malgré tous ces soins, j'ai eu bientôt lieu de ui'apcrcevoir que les régiments étaient menés d'une jnanièrc arbitraire et sans uniformité. Comme il n'y avait qu'un contrôle et une surveillance éclairée qui pussent y suppléer, je me suis hâté d'y remédier en établissant Tun et l'autre.

a Sous les Autrichiens, tous les régiments croates étaient sous la surveillance d'un commissaire des guerres par brigade; d'un commandant en chef rrsidaut à Agram, remplissant les fonctions d ordonnateur et d'inspecteur aux revues; du général commandant eu Croatie, ayant la haute main sur l'administration, et qui correspondait avec la direction des frontières, à Vienne.

c( Il m'a paru indispensable d'établir quelque chose d'analogue; mais, conune nous étions ignorants sur tout; qu'à chaque instant des questions nouvelles se j^résentaient; que nous n*avions pu encore nous procurer toutes les lois, et que, faute <lo les connaître, les dispositions les plus sages restaient sans exécution, j'ai pensé qu'un commissaire scMiJ ne suflirail pas pour établir l'ordre et Tenseni- Me dans toutes les parties du service, et qu'il était

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