I.K PIU.NCE ELGÈiNE A MARMONT
« Monzu, le '24 septembre 1806.
a Comme je présunie, monsieur le générai Marmont, que vous n'avez pas encore pu vous mettre en possession de Callaro, je m'empresse de vous prévenir (ju'il n'est plus temps de le faire. Il est probable que l'ennemi va se renforcer et se mettre on mesure de toutes manières. La Prusse fait des armements considérables; il ne serait pas impossible (pie la guerre vint à éclater avec cette puissance. 1/ Autriche proleste de sa neutralité cl de sa ferme résolution de n'être pour rien dans ces armements : cependant, vu votre éloignement, vous devez vous comporter suivant les circonstances. Votre point d'appui doit être Zara: et, si le cas arrivait, il faudrait agir pour votre défensive d'une manière isolée, il ne faut pas dans ce moment changer de dis|)ositionsavec rAutriclie, la provoquer d*aucuue manière, ni lui donner ainune alarme. Niais, si les rirn>nstanc«*s rliaiifreaienl, vous réuniriez vos trou-
LIVBE X. — COHHESPOiNDANCE. 8Ô
pes sur la frontière d'Autriche, vous pourriez inquiéter les frontières de Croatie, les attaquer même, pousser des partis; vous obligeriez l'ennemi à se tçnir en corps d'armée devant vous; il faut réunir à Zara une quantité de munitions de toute espèce; et, si vous veniez à être attaqué par des forces supérieures, Zara doit être votre réduit; vous y établiriez un camp retranché de manière à attendre dans cette position le résultat des opérations générales. Si l'Autriche ne divisait pas ses forces et ne se présentait pas devant vous, vous devriez alors l'attaquer pour l'obliger à un corps d'observation et produire ainsi une puissante diversion à Tlsonzo. Dans ces suppositions, vous ne devez laisser à Raguse qu'une garnison suffisante. Comme dans cette partie la guerre ne doit plus être que défensive, je vous prie de rapprocher la garde royale de Zara. Peut-être sera-t-elle dans le cas de recevoir une nouvelle destination. Je vous envoie un chiffre, ainsi qu'au général Lauriston. Il peut arriver que, par les circonstances, les communications soient totalement coupées par terre, alors il faudrait communiquer par mer; vos points de correspondance seraient Venise, Volano, Ravennc et Rimini. Je ne cite pas Ancône, car il ne serait pas surprenant que ce port vînt à être bloqué. Le général Vignolle pourrait en temps de guerre envoyer des états de situation en chiffres. Vous pourriez également com-
mencer à m'écrire quelquefois en chiflres, pour essayer ce moyen de correspondance et être assurés que nous nous entendrons bien.
« Je vous préviens que tout ceci est une instruction générale pour vous seul, dont vous ne vous servirez que dans le cas bien éventuel d'une guerre avec r Autriche.
« Je vous transmets littéralement les instructions de Sa Majesté que je reçois à l'instant. Je présume que, sans faire de bruit, vous allez prendre vos dispositions en vous rapprochant tout doucement de la Dalmatie.
« L'intention de Sa Majesté est que le général Laurislon reste à Raguse. Vous pouvez y laisser le 79% le 2o\ les chasseurs brescians, les chasseurs d'Orient ot deux généraux de brigade, avec le nombre de compagnies d'artillerie nécessaire, de manière à lui faire un corps d'environ trois mille hommes.
« Tout ceci, je vous le répète, n'est qu'hypothétique, et je m'empresserai toujoui^s de vous prévenir de ce qui pourrait arriver de nouveau.
a Je vous prie de me dire par votre première lettre où vous comptez établir votre quartier gêné* rai en attendant les événements qui pourraient vous faire concentrer vos forces.
c< Je vous recommande encore la légion dalmate. Vous mobh'gcrez beaucoup de pousser le général