LIVRE X. — GORRESPOIVDâNCE
de cueillir des lauriers^ vous sentez combien je le désire.
<c Les puissances barbaresques ont reçu ordre du Grand Seigneur d'inquiéter dans toute la Méditerranée le commerce anglais. Le pacha de Bagdad leur fermera • Bassora et par conséquent le golfe Persique; j'espère que nous parviendrons à leur rendre dangereuse la navigation des côtes de l'Arabie.
c( Mon général, nous avons couru ici des dangers. Si l'amiral anglais, le lendemain ou le surlendemain de son arrivée, avait tenté l'entrée du port, nous ne pouvions lui opposer aucune résistance, et sa réussite était complète. Nous aurions reçu notre logement aux Sept-Tours. Cette perspective ne nous a point effrayés, et noire fermeté a été couronnée par un résultat heureux.
« J'espère de vous donner bientôt des nouvelles qui vous feront plaisir. »
SKBASTlANr A MARMONT.
A Consiantinoplc, le 3i niai^ iMr7.
« Mon général, la Porte consent au passage des troupes, et j'en ai rendu compte au ministre des relations extérieures depuis quinze jours : la seule différencie qu'il y aura dans l'arrangement de celte affaire, c'est que la Sublime Porte désire que la
iOO MÉMOinCS DU DUC DE RAGUSE.
demande du passage des troupes lui soit faite par Sa Majesté, et qu'elle craint trop Topinion de ses peuples pour la faire elle-même. Du reste, des ordres ont été donnés pour la formation des magasins de vivres, et j'ai mis tant de soins et de célérité dans celte négociation, que ma réponse pour le ministre est partie trois jours après l'arrivée du courrier qui m'avait été expédié pour cet objet. Si les pouvoirs nécessaires pour cette stipulation m'avaient été envoyés, tout serait déjà terminé : j'ai mandé au ministre qu'il pouvait m'envoyer un traité rédigé sur cette affaire, et que j'espérais qu'il ne souffrirait aucune diflicullé. Le gouvernement ottoman se trouve aujourd'hui dans une position à désirer plus que jamais votre appui sur le Danube. La prise de l'île de Ténédos par les Russes et les mouvements des Serviens, qui paraissent vouloir se joindre à Tarniée de Michelson, donnent à la Porte les plus vives inquiétudes. Je viens d'expédier un courrier à M. le prince de Hénévent, pour lui faire connaître la position actuelle de cet empire et le besoin qu'il a d'être secouru promptenient. Au reste, ici tout est ar-rangé pour votre entrée, et tout dépend maintenant de notre cour, dont j attends les ordres avec impatience. J'ai demandé, mon général, à être appelé à votre armée pour y commander une division: je vous prie d'appuyer ma demande : vous connaissez mnn dévouement pour vous; comp-