III. K
Ili MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.
changeait tous les mois, f^ simplicité du chef delà république eut pu nuire à sa dignité; aussi ne pouvait-il jamais sortir du palais pendant le jour, excepté pour les processions solennelles^ où il était revêtu de tous les attributs de son pouvoir.
La bourgeoisie de Raguse, recommandable par ses mœurs et son instruction, se composait presque entièrement de capitaines de commerce ou d'hommes retirés des aflaires. Les nobles ragusais ne naviguaient pas; mais ils avaient tous des intérêts dans les bâtiments de commerce. Les tribunaux étaient choisis, pour un temps fixe, parmi les nobles, ainsi que les délégués des administrations des différents districts.
Les habitants de la campagne, attachés à la glèbe, dépendaient des nobles auxquels les villages appartenaient. Jamais on n'a vu un pays plus heureux, plus prospère par une louable industrie^ une sage économie et une aisance bien entendue. Chacun avait sa propre maison et n'était pas réduit à loger chez un autre; maison petite, mais propre, meublée convenablement avec des meubles achetés en France ou en Angleterre. Chaque famille avait aussi sa maison de campagne, soit à Gravosa, soit au val d'Ombla, à Malfi ou à Brenno. Quelques familles riches en avaient deux qu'elles habitaient suivant les saisons.
Ce territoire, si borné, était cultivé admirable-