‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 84 sur 247 · LIVRE XI. — COIIRESPONI)AM:e · texte numérisé non relu

LIVRE XI. — COIIRESPONI)AM:e

ment, cette responsabilité ne serait point couverte par là, tellement que, dans aucun cas, Votre Excellence ne peut se dispenser d'écrire au ministre, même en écrivant à l'Empereur.

« Ces nouvelles dispositions, qui rendront mes relations avec Votre Excellence plus particulières et plus fréquentes, seront, par cela même, d'autant |rfu8 agréables pour moi, et je mettrai toujours de l'empressement à lui en donner des preuves. Je me plais à croire que Votre Excellence voudra bien les envisager de la même manière et apporter aussi, dans nos communications, la confiance qui peut les rendre utiles au bien du service et satisfaisantes pour chacun de nous. »

HARIIOIiT A NAKIl^ON.

• 3jioTicr 1809.

« Sire, accusé dans mes intentions, traduit devant l'opinion publique dans le journal ofTiciel de Milan, j'ose en appeler à Votre Majesté, et je la supplie de me permettre de lui présenter un narré fidèle des faits.

(I 11 y a deux ans et demi. Sire, que je suis en Dalmatie, et j'ai eu le temps d'éludier et de connaître les mœurs et le caractère de ses habitants. Il ne m'a pas fallu longtemps pour voir la grande influence dont jouissent les moines franciscains, leur

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grande autorité et rimportance dont ils sont. Ils desservent la moitié des paroisses de la province, ils sont instruits^ tandis que les prêtres séculiers sont d^une ignorance absolue. Le peuple les aime, les estime, et ils méritent ces sentiments par leur conduite envers lui. — Enfin il m'a paru démontré qu'ayant les moines dans vos intérêts, le peuple de la province vous serait toujours fidèle, quelque ciri^onstance qui survint, et que, au contraire, si les moines avaient une opinion difTérente et que vous eussiez la guerre avec l'Autriche, la population se soulèverait, et, au lieu de nous donner les secours que nous avons droit d'attendre d'elle, nous causerait beaucoup d'embarras.

« Cette double considération aurait suffi pour me faire traiter avec égards et un soin tout particulier Tordre des franciscains, mais elle n'est pas la seule <|ui m'ait dirigé : tous les chrétiens catholiques de la Bosnie sont desservis par deux couvents de cet ordre; une grande partie de ceux de l'Âlbame Test par des moines semblables, et ils correspondent tous entre eux. Si l'ordre de Saint-François est content en Dalmatie et qu'il soit traité avec égards et soins par la première autorité, celle surtout qui peut avoir action dans les provinces turques limitrophes, les moines de Bosnie et d'Albanie sont alors dans l'espoir d'un heureux avenir; ils vous sont dévoués, et dès lors les chrétiens sont à voire

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