LIVRE XI. - CORRESPONDANCE. 2U
« Les deux partis étant extrêmes, je choisis celui qui était le plus honorable, et je persistai dans ma première résolution. La fortune sourit à ma confiance : la division Montrichard passa le ruisseau sans être inquiétée; et, aussitôt que la tête de mes colonnes se montra à l'entrée de la plaine, l'ennemi se disposa à la retraite, rappela les troupes qui avaient passé la Licca et vint se former devant nous avec sept bataillons et une grande quantité d'artillerie, pour battre les débouchés par lesquels nous devions arriver des montagnes dans la plaine.
« Le général Delzons, à la tête du 23% gagna autant de terrain qu'il put sur les bords du ruisseau; et à peine le colonel Plauzonne, qui commandait la brigade du général Soyez depuis sa blessure, eut-il formé les 5* et 18* régiments, qu'il marcha à l'ennemi et le força à la retraite. — Nous gagnâmes dans un instant assez de terrain pour former l'armée sans danger.
« Ce combat est fort honorable pour le colonel Plauzonne et pour le 5' régiment. La nuit qui survint nous empêcha de profiler de ces succès, et, au jour, nous ne vîmes plus l'ennemi.
« Le 23, nous entrâmes à Gospich. Le 24, nous marchâmes sur Ottochatz, où était encore l'arrièregarde de l'ennemi, forte de six bataillons, l'artillerie et les bagages. Les ponts étaient coupés; nous tournâmes tous les marais d'Ottochatz; et le général