LIVRE XVIII. - 184:,. 2i
corps, se trouvant ainsi sans appui, l'ennemi se hâta de la tourner par une nombreuse cavalerie. Elle fut ainsi vivement pressée, tandis que la division Horn, la division du prince de Mecklembourg du corps de York, et la division de Hunneberg, en face de Schlaupe, observaient l'autre rive de la Wuthende-Neisse. La gauche du onzième corps ne put être que faiblement soutenue par la cavalerie, qui, d'abord arrêtée, ainsi que je l'ai dit, par la rencontre du troisième corps, et ensuite par le défilé de Nieder-Crayn, où tout se trouvait pêle-mêle, arrivait seulement par détachement et ne pouvait agir que par ries efforts partiels et impuissants. A la nuit, le onzième corps fut obligé de cédera la fois de tous les côtés. Une seule division du troisième corps avait pu entrer en ligne. 11 se trouva ainsi que le duc de Tarente n'avait opposé que trente-deux mille combattants à l'ennemi, qui lui en avait présenté plus de cinquante mille. Une division du troisième corps, débouchant par Nieder- Grava, voulut arrêter la poursuite; mais elle fut culbutée par les Prussiens, qui s'emparèrent du défilé, prirent le parc d'artillerie du onzième corps et tous ses bagages.
Le duc de Tarente, n'ayant d'autre retraite que sur la Katzbach, et le gué de bchmogwilz, fit rétrograder les deux divisions du troisième corps qui n'avaient pu entrer en ligue. Elles passèrent ce gué
et gravirent les hauteurs au pied desquelles coule la Katzbach, pendant que le onzième corps, acculé à la rivière, soutenait un combat inégal.
Pendant la nuit, tout le reste de l'armée repassa la Katzbach. La gauche se rallia à Liegnitz et se retira sur Bunîzlau. Le cinquième corps, attaqué le 27 devant Goldsberg par le corps de Langeron, fut forcé à la retraite. Dépourvu de cavalerie pour protéger son mouvement, il perdit dix-huit pièces de canon. 11 arriva le soir à la hauteur de Lôwenberg. Le 28, il repassa le Bober à Burdzlau avec les troisième et onzième corps. Les pluies avaient tellement enflé cette rivière, que ce point était le seul où il fût possible de la franchir.
Dans les dispositions offensives faites par le duc de Tarente, la division Puthod, du cinquième corps, avait été dirigée, comme nous l'avons vu, sur Schônau, d'où elle devait marcher sur Jauer pour se réunir à l'armée. Elle se trouvait à Molkau pendant la bataille de la Katzbach. Quelque diligence qu'elle fit, elle ne put arriver à temps pour se réunir à son corps d'armée à Goldsberg, et, celui-ci forcé à la retraite, elle se trouva abandonnée. Le général lïithod se retira sur Hirschberg; mais, le pont étant rompu, et le Bober trop fort pour qu'on pût le rétablir, il descendit la rivière et arriva à Lôwenberg le 29. 11 y fit des efforts inutiles pour rétablir le