LIVRE XVlll — 1813 k
de Grossenhayn pour Roulau, afin de mappuyer; mais dans la nuit je reçus l'ordre de me rapprocher de Dresde à marches forcées. Le 9, j'arrivai à Ottendorf, et, le 10, à Dresde, où je m'arrêtai. J'occupai la ville et le camp retranché. Je pus enfin faire reposer mes troupes. Mon corps d'armée avait marché, pendant vingt-deux jours, sans un seul séjour, livré un assez grand nombre de combats, et fait souvent des marches de douze lieues; mais il était bien organisé. L'esprit en était admirable. A l'exception des blessés, un très-petit nombre d'hommes seulement se trouvaient en arrière, il ne manquait pas une pièce de canon, ni une voiture d'artillerie ou d'équipages.
L'Empereur avait été rappelé à Dresde par les mouvements offensifs du prince de Schwarzenberg. En effet, l'avant-garde de Wittgenstein s'était avancée, le 5, à Peterswald, et le 6, à Berggieshûbel, avec la division prussienne de Ziethen. Le prince Eugène de Wurtemberg, avec la cavalerie de Fabien, débouchait sur Dippoldiswald, tandis que le général Klenau s'avançait vers Chemnitz. Le prince de Schwarzeiiberg, avec les corps autrichiens de Colloredo, Chasteler, Giulay et les réserves, avait pris la direction d'Aussig, pour y passer l'Elbe, et manœuvrer sur la rive droite. Le 7, Wittgenstein occupa Pirna, et, le S, se porta vers
Dohna où étaient réunis les premier, deuxième et quatorzième corps.
L'Empereur, de retour, le 7, à Dresde, se rendit, le 8, au camp de Dohna. L'avant-garde deWittgenstein fut culbutée. Ce général se replia sur Pirna. Le même jour, le prince de Scliwarzenberg, en plein mouvement, fut instruit de la présence de Napoléon. Il se retira aussitôt, et vint prendre la position qu'il avait choisie en avant de Tœplitz. Le 9, Napoléon porta la plus grande partie de ses forces sur Liebenthal. Ce mouvement menaçant de tourner le corps de Wittgenstein, celui-ci se retira sur Nollendorf, où il fut joint par le corps de Kleist. Les troupes aux ordres de Klenau se rapprochèrent de Tœplitz, et vinrent prendre position au Sebastiansberg.
Le 10, Napoléon vint à Baremberg. Le premier corps marcha sur Peterswald, et le quatorzième sur Furstenwald. Le général Wittgenstein se replia sur Culm. Le 14, il s'avança de Furstenwald vers le défdé du Geyersberg. La division du quatorzième corps, commandée par le général Bonnet, s'empara de la montagne; mais la difficulté du terrain empêcha d'y conduire de l'artillerie. Les obstacles pour déboucher, en présence de l'ennemi, dans une position inexpugnable, paraissant insurmontables, Napoléon renonça à l'attaquer, et se décida à re-