LIVRE X.VÏII. - 18J5. Toô
sur Dahme. Le douzième suivit la route que les fuyards avaient prise, par Schweidnitz, dans la direction de Torgau.
Cette opération, si singulière, si absurde, ne peut s'expliquer. Exécuter une marche de liane, en plein jour, aussi longue et aussi à portée d'une armée supérieure en forces, était l'opération la plus dangereuse et la plus imprudente, et dans quel objet? pour arriver avant l'ennemi sur la route de Berlin et marcher sur cette ville. Mais, en supposant, ce qui parait impossible, cette marche exécutée avec un succès complet, à quoi aboutissait-elle? A placer l'armée ennemie sur le flanc et sur les derrières de l'armée française, ce qui aurait mis celle-ci dans le péril le plus évident, ef l'aurait, en définitive, empêché de marcher sur Berlin. Si l'armée française était en état de prendre l'offensive, elle ne pouvait pas espérer de se rendre à la dérobée à Berlin. 11 fallait qu'elle se résolût à livrer bataille. Dès lors, elle n'avait autre chose à faire que de marcher brusquement et rapidement par la route directe, et, après avoir enlevé Zaahn, se dirigeant sur Treuenbrietzen et Belitz, empêcher la réunion des corps ennemis qui étaient à une certaine distance les uns des autres, les battre en détail, après s'être placée ainsi au milieu d'eux. On croit rêver quand on approfondi!
les combinaisons qui furent faites alors et la manière dont on opéra.
Le lendemain, 7, le douzième corps et les Saxons continuèrent leur mouvement sur Torgau. Le quatrième corps, attaqué à Dahme par une division de quatre mille Prussiens, commandée par le général Wobeser, se mit également en marche pour Torgau, après avoir rompu les ponts de l'Elster. Le 8. il rejoignit le reste de l'armée sous le canon de Torgau. Cette opération coûta à l'armée française douze mille hommes tués, blessés, ou pris, et vingt-cinq pièces de canon.
Ainsi, chaque jour, l'édifice de notre puissance s'écroulait pour ne plus se relever. Pendant que Napoléon était accouru à Dresde et avait marché sur la frontière de Bohème, l'armée ennemie de Silésie avait repris l'offensive. Dès le 9, elle s'était, mise en mouvement. Le corps de Langeron passa la Neisse à Ostritz, au-dessus de Gorlitz; celui de York entre Ostritz et Gorlitz, et celui de Sacken, à Gorlitz même. L'avant-garde française se retira des bords de la Neisse sur Reichenbach sans s'être engagée, et de là sur Hohenkirchen. Le corps de Poniatowski, attaqué par celui de Langeron à Lauban. se retira sur Neustadt.
L'armée alliée fut rejointe, ce jour-là, par la division autrichienne de Bubna. Le 10. le duc de