LIVRE XVIII. — CORRESPONDANCE. 5ô
NAPOLÉON AU MARÉCHAL MARMONT
« Dresde, le 1er octobre ÎSI."7», quatre heures du matin.
c< Mon cousin, je reçois votre lettre du 29, à onze heures du soir. — La brigade que vous avez laissée à Meissen a été remplacée par le troisième corps. Laissez du monde à Wurtzen et faites-y travailler à la double tête de pont, et surtout à l'établissement d'un bon pont sur pilotis. La Mulde déborde. Il est nécessaire que nous soyons maîtres de ce passage. — Le 50, le prince Poniatowski a eu son quartier général à Rochlitz. Aujourd'hui, 1er octobre, il sera à Frohbourg ou à Altenbourg. Le comte de Yalmy a dû coucher, le 50, à Frohbourg et a dû envoyer un fort détachement sur Borna. Le général Uminski a dû occuper Roda, et le prince Sulkowski a été sur Penig. — Le cinquième corps était hier, 50, à Nossen et à Waldheim. — Les troupes du duc de Castiglione ne devaient pas tarder à paraître du côté d'iéua. — Jusqu'à cette heure, il paraîtrait que le général Platow, fds de l'hotmail, avec Thielmann, et soutenu d'une division légère, se porte sur la Saale. Il paraîtrait que cette division légère serait commandée par le général Bail mgarten. Le général Klenau paraîtrait se trouver à
Comotau. — Dans la journée, tout ceci va parfaitement s'éclaircir. — Il paraîtrait que Pîatow avait sous ses ordres mille à douze cents Cosaques; le régiment palatin de Ferdinand autrichien, et le régiment de Hesse-Hombourg autrichien: enfin, il paraîtrait que le général Platow se serait porté sur Penig et de là sur Altenbourg, laissant le général Baumgarten à Chemnitz.
« Napoléon. »
napoléon au maréchal marmont.
« Dresde, le \ ' octobre 1815, quatre heures du matin.
« Mon cousin, vous nous avez pris douze cents quintaux de farine à Meissen. Pienvoyez-nous-les. Le duc de Padoue a l'état de ce que Leipzig, Wurtzen et autres bailliages nous doivent fournir ici. Prenez toutes les mesures pour nous faire venir mille quintaux de farine par jour. Ecrivez aux baillis. Envoyez des commissions et faites partir des convois. Nous avons aussi du riz qui nous appartient à Leipzig. Prenez des informations et faitesle partir. Enfin prenez des mesures pour nous approvisionner. Le duc de Padoue est au fait de la distribution que la régence a faite, entre tous les bailliages, pour les farines que chacun doit fournir. •