LIVRE XVI. — CORRESPONDANCE
LE MARÉCHAL MARMONT AU MARÉCHAL NEY
« 15 avril 1813.
ce Mon cher prince, j'ai porté une division sur Vach ayant ses postes sur Eisenach, une autre est à Fulde, la troisième va soutenir celle-ci. Sa Majesté m'a fait l'honneur de m'écrire qu'elle vous avait donné l'ordre de rassembler votre corps sur Meiningen, et que peut-être vous le porteriez sur Erfurth. Veuillez me faire connaître ce que vous comptez faire, afin que je règle mes mouvements en conséquence et que je m'avance sur Eisenach et même sur Gotha, si votre mouvement en avant s'exécute. Une lettre du vice-roi m'annonce qu'il avait encore, le 10, son quartier général à Strasi'urth, que le général d'York était à Dessau et paraissait être suivi par le général Wittgenstein, et que tout annonçait un mouvement général de l'ennemi; mais que rien n'indiquait d'une manière précise ce qu'il voulait faire, et si son intention était de se porter sur lui ou de chercher à pénétrer dans la Thuringe. »
« Saint-Cloud, le 14 avril 18L".
« Mon cousin, je reçois votre lettre du 11 avril,
et j'y vois que, le 12, la division Compans sera à Fulde, et que, le 12, la division Bonnet part pour Eisenach. Elle aura donc pu y arriver le 15. Vous ne me parlez pas du mouvement de votre troisième division. Je suppose que, le 15, cette division sera aussi près de Fulde, et que, vous-même, vous aurez votre quartier général sur Eisenach. — Gotha est un très-beau pays, où il est nécessaire de faire sur-le-champ une réunion de farines. — Je suppose que votre troisième division a déjà son artillerie; mais ce qui importe, c'est que vous ayez au moins une ou deux compagnies d'artillerie légère et vos batteries de réserve. Il faut beaucoup d'artillerie dans cette guerre. — Vous devez avoir quatre-vingtdouze pièces de canon; mais seize pièces étaient destinées à la quatrième division, qui ne peut pas encore entrer en ligne : cela doit donc au moins vous faire soixante-seize. — Le duc d'Istrie arrive avec une division de la garde à pied et une à cheval, et environ cinquante-deux pièces. Ainsi ce corps d'armée, formant provisoirement quarante mille hommes d'infanterie et six à sept mille chevaux, aura donc cent vingt-huit pièces de canon. — l-a seconde division d'infanterie de la garde, avec trente-huit pièces de canon, ne doit pas tarder à le joindre. — Par une inconcevable disposition du général Sorbier, seize compagnies, qui devaient arri-