‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 4 sur 198 · LIVRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE XVI

même où elles furent proférées : « Mais ces jeunes soldats auront à gémir du sort qui leur est réservé, de rester loin des dangers et du théâtre de la gloire des armes françaises. » Le théâtre de la guerre se rapprocha d'eux et vint les chercher. Un nouveau sénatus-consulte, rendu dans l'hiver. de 1812 à 1815, autorisa à les mobiliser et à en faire des régiments, qui prirent de nouveaux numéros dans l'armée. Ces corps, ayant été levés au moment du plus grand déploiement de nos forces, avaient reçu un grand nombre d'officiers fort médiocres et trop âgés, en réforme ou en retraite, rappelés au service, mais les soldats étaient admirables. Les cent cohortes organisées en régiments prirent les numéros au delà du 122e et jusqu'à 150 et quelques. Ces corps formèrent la première ressource dont l'Empereur disposa.

La conscription annuelle était déjà appelée. Elle servit à remplir les cadres d'un grand nombre des troisième et quatrième bataillons, qui formèrent des régiments provisoires, et furent envoyés dans le corps d'observation du Mein. — Des soldats, tirés des compagnies départementales, formèrent un régiment de quatre magnifiques bataillons. Napoléon eut, en outre, l'idée de faire servir à terre, et comme infanterie, les canonniers de la marine, corps nombreux, brave et fort inutile dans les ports en ce mo-

ment. Il ordonna son doublement en y versant un nombre de conscrits égal à celui des vieux soldats. On forma ainsi quinze bataillons de campagne, qui entrèrent dans la composition de mon corps d'armée. Enfin, Napoléon appela à lui un corps de trois divisions, formées avec des troupes de l'armée d'Italie, composé d'anciens régiments, dont la gloire et le courage rappelaient notre beau temps militaire. Ce corps, confié au général Bertrand, traversa le Tyrol, et vint nous rejoindre dans les plaines de la Saxe.

L'armée d'observation du Mein se composa en dernière analyse de corps dont les numéros définitifs, dans la grande armée, furent les suivants :

Troisième corps, maréchal Ney, quatre divisions;

Quatrième corps, général Bertrand, trois divisions, dont une wurtembergeoise;

Sixième corps, duc de Baguse, quatre divisions, dont trois seulement furent organisées (canonniers de la marine).

te premier corps, prince d'Eckmùhl, quatre divisions. Il était sur le bas Elbe, où il se réorganisait.

Le deuxième corps, duc de Bellune, qui était à xMagdebourg. Il fut formé fort tard, et il ne put prendre part à la première partie de la campagne.

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