LIVRE XVII
ensuite le fleuve jusqu'à la frontière de la troisième division militaire. La démarcation du bas Elbe devait être déterminée de concert avec le prince d'Eckmùhl. Il fut convenu que Magdebourg et toutes les places fortes entre les mains des Français, situées dans les pays occupés par l'ennemi, auraient un rayon d'une lieue autour de leur enceinte et seraient ravitaillées tous les cinq jours.
Les deux armées devaient être placées, le 12 juin, sur leurs nouvelles lignes. Le quartier général de l'armée s'établit à Reichenbach. L'empereur Napoléon retourna à Dresde, où il arriva le 10 juin.
Pendant les mouvements dont j'ai rendu compte, le douzième corps, commandé par le duc de Reggio, était resté d'abord à Rautzen. Il s'était ensuite porté sur Hoyeswerda pour couvrir l'armée contre les troupes qui venaient de Berlin, et que commandait le général Bulow. La mission de ce corps d'armée était de couvrir cette capitale, et, en conséquence, il s'était placé à Interbach. Là, il reçut des renforts de la landwehr de Brandebourg, et son effectif atteignit le chiffre de trente mille hommes. Ainsi renforcé, Bulow vint attaquer le duc de Reggio à Hoyerswerda, mais il fut repoussé avec perte. Il fit sa retraite sur Kottebus, où il prit position avec la masse de ses forces, occupant ainsi Gaben, Drebkorn et Interbach, avec de forts détachements. Le
duc de Reggio marcha à lui; mais, ayant voulu menacer Berlin, il se porta dans la direction deLukau. Bulow, informé de ce mouvement, accourut en toute hâte sur ce point. Lukau a une bonne enceinte et des fossés pleins d'eau. L'avant-garde ennemie fut culbutée et forcée de rentrer dans la ville. Mais ce premier succès ne termina point le combat; la lutte se prolongea et finit par tourner à notre désavantage. Le douzième corps, attaqué sur ses flancs et obligé de se retirer, se dirigea sur Ubigau, où il reçut la nouvelle de l'armistice.
Par la dispersion de ses forces, l'ennemi avait donné beau jeu au duc de Reggio; mais celui-ci n'en sut pas profiter. Sa marche incertaine en se portant en avant, ses directions variées, donnèrent au général Bulow le moyen de réparer toutes ses fautes et de combattre à Lukau avec avantage.
Le mouvement général des troupes, nous ayant éloignés de notre frontière, avait laissé l'Allemagne tout entière sans troupes. Le corps de Woronzoff devant Magdebourg, et un autre corps stationné à Hambourg, servaient d'appui à une foule de partisans qui opéraient sur nos derrières. Ils se montraient partout et dans toutes les directions. Divers convois furent enlevés, plusieurs détachements pris, et beaucoup d'atrocités commises contre les usages de la guerre. Un partisan prussien, nommé Lutzow,