LIVRE XVII
cevoir une bataille avec avantage. Je n'avais rien trouvé sur la rive droite qui me satisfit complètement. Cependant nous aurions pu occuper avec les troisième et sixième corps la position à Karlsdorf, assez forte pour que l'ennemi n'osât pas nous attaquer -immédiatement, et pendant la journée nous aurions eu des nouvelles des cinquième et onzième corps. Le maréchal Ney en décida autrement. La rive gauche offrait à la vérité une position meilleure, et nous allâmes l'occuper. MaisBuntzlau, qui avait été l'objet de forts grands travaux et qui renfermait des approvisionnements en vivres, n'étant pas encore armé, ne fut pas occupé. On aurait pu y laisser quelques troupes sans danger et on l'aurait occupé tant que nous serions restés en communication avec cette ville. C'était une belle position d'arrière garde pour une partie du troisième corps, et une bonne tête de pont pour reprendre l'offensive. Le maréchal Ney ne voulut pas comprendre ces avantages et ne put pas concevoir le rôle dont ce poste était susceptible, et, quand on n'était pas encore au moment de le quitter, il donna l'ordre d'en faire sauteries fortifications.
Après avoir repassé le Bober, les officiers, envoyés par la rive gauche aux renseignements sur le général Lauriston, firent le rapport que les cinquième et onzième corps étaient réunis et en com-
munication avec nous. Ainsi les quatre corps étaient en mesure d'agir ensemble ; mais ces officiers m'apprirent en même temps l'intention de ces deux corps de continuer leur mouvement rétrograde le lendemain et de repasser la Queiss. Aucun raisonnement ne pouvait justifier ce mouvement. Nous étions cependant forcés de l'imiter. Nous nous préparâmes donc à l'exécuter pour notre compte, et je me hâtai d'en prévenir l'Empereur en lui faisant remarquer toutes les aberrations constatant déjà l'impossibilité d'opérer sans lui, et la nécessité de sa présence pour mettre chacun à sa place. L'Empereur arriva en toute hâte, amenant avec lui sa garde. Arrivé le 21, au matin, il donna au moment même l'ordre de reprendre l'offensive. Je partis de ma position d'Ottendorf; je passai le Bober à Bakwitz et je pris position sur les hauteurs de Holzstein. Il y eut, en cette circonstance, un léger engagement avec l'ennemi, où le 52e léger et le chef du 16e, Svalabrino, se distinguèrent. Je restai, ce jour-là, en position. Pendant ce temps, Napoléon avait marché en avant avec les troisième et onzième corps. Il poursuivit l'ennemi qui s'était retiré devant lui en toute hâte et sans s'engager. Le 23, je reçus l'ordre de repasser le Bober, déplacer mes troupes en échelons sur Naumbourg et Lauban et de me disposer à marcher rapidement