‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 75 sur 198 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

mier corps, augmenté delà quarante-deuxième division du quatorzième corps et d'une brigade du deuxième, avait chassé devant lui le faible corps du duc de Wurtemberg. Celui-ci, s'étant replié sur la droite de l'armée, avait pris position devant Pirna, dont Vandamme s'était emparé. La difficulté des communications empêcha le général français d'agir avec ensemble et rapidité. Un fort détachement de la garde russe, ayant été envoyé au duc de Wurtemberg, avec une force de dix-huit mille hommes commandés par le général Osterman, fut chargé de le contenir. C'est dans ces positions respectives que la retraite de l'armée alliée, résolue le 27 au soir, commença à s'exécuter.

L'ennemi se retirait par diverses directions. Voici les dispositions premières et les modifications que les circonstances y apportèrent.

Le corps de Barclay, formant la droite de l'armée, reçut ordre de se retirer par la grande route de Dahme, Waldgies, Hûbel et Peterswald, et de couvrir ce débouché principal pour entrer en Bohème.

La grande armée, c'est-à-dire la masse des Autrichiens, prit la direction de Dippoldiswald, Falkenheim, Altenbourg et Unterzinnwald.

Le corps de Kleist reçut l'ordre de se retirer par Glasshùth et d'établir sa liaison entre les deux prin-

cipaux corps de l'armée, tandis que la gauche et les réserves prendraient le chemin de Freyberg, par lequel une partie de ses troupes étaient arrivées.

La route de Dippoldiswald par Altenbourg présente les plus grandes difficultés. C'est un défilé continuel entre des montagnes et des bois. La masse des troupes destinées à se retirer par cette communication devait éprouver un grand encombrement et de grandes difficultés. Mais elles furent tout à coup beaucoup augmentées et d'une manière tout à fait imprévue.

Le général Barclay, supposant le général Yandamme au moment d'agir sur la route de Dippoldiswald, et ne voulant pas faire une marche de flanc aussi près d'un ennemi tout formé, chargea le général Osterman de remplir la mission qui lui était donnée, et lui, avec la majeure partie de ses troupes, imagina de changer de direction et de se jeter sur la route d'Altenbourg, afin de se réunir à la masse des forces de l'armée.

Il résulta de cette désobéissance, d'abord une horrible confusion sur la route d'Altenbourg, un prodigieux encombrement, et ensuite la route principale ne se trouva pas gardée par une force suffisante. Ainsi Vandamme, soutenu par la garde, n'eut plus devant lui que dix-huit mille hommes

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