LIVRE XVII. - CORRESPONDANCE
« a continué les hostilités : il a arrêté les malles de « Bavière et de Dresde; il a levé des contributions. « comme dix-huit procès-verbaux le constatent. II « a arrêté les individus tant civils que militaires « rencontrés sur la route; il a continué à enrôler « les jeunes gens du pays et les étudiants des uni- « versités; il a attaqué des détachements, pris des « courriers venant d'Augsbourg et d'Italie, et enfin « des soldats marchant isolément.
a L'Empereur et Roi mon maître n'est arrivé à ce Dresde que le 10, et, le 14, voyant que les hosti- « lités sur ses derrières continuaient, Sa Majesté a « ordonné aux détachements de cavalerie en mar- « che pour rejoindre l'armée de s'arrêter et de se « pelotonner pour courir sur les partisans, attendu « que, le 12, ils devaient, aux termes de l'armis- « tice, en avoir exécuté les dispositions.
« D'autres corps, se disant partisans, répondaient « qu'ils ne pouvaient reconnaître l'armistice, don- « nant pour motifs, les uns qu'ils dépendaient de « l'armée suédoise, les autres qu'ils étaient à la « solde de l'Angleterre, et enfin d'autres corps in- « dépendants et insurrectionnels.
« Sa Majesté l'Empereur et Roi a donc cru néces- « saire de prescrire l'ordre du jour dont je vous en- « voie copie. J'avais donné un ordre à peu près « semblable dès le 1C. Cependant, j'ai l'honneur de
m MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.
« proposer à Votre Excellence d'échanger ceux des « partisans qui sont actuellement en notre pouvoir « ou qui seront arrêtés contre ceux de nos gens « qui ont été faits prisonniers par vos troupes dece puis le 4 juin.
« Nous avons aussi à nous plaindre de la non-exé- « cution de l'article 4 de l'armistice, qui porte, enc tre autres choses : que, depuis l'embouchure de la « Katzbach, la ligne de démarcation suivra le cours « de l'Oder jusqu'à la frontière de Saxe, longera la ce frontière de Saxe, etc.; dès lors Crossen s'y trouve « compris. Cependant les Prussiens, contre toutes « raisons, veulent occuper Crossen, quoique le droit ce soit de notre côté et que cela ne dût pas être dis- « cuté : j'en prends pour juge Votre Excellence ellec< même.
« Mais, voulant cependant éviter toute discussion, c< l'Empereur et Roi propose que ce pays soit consi- « deré comme neutre, de manière qu'il ne soit occe cupé ni par l'armée combinée ni par les armées c< françaises et alliées.
ce Les troupes légères de Votre Excellence parcouce rent le pays jusqu'aux portes de Liegnitz. Je la ce prie de vouloir bien donner des ordres à cet ce égard.
ce Le prince vice-connétable, major général,
ce Signé : Alexandre. »