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2 MÉMOiRi-s niinrc de rahuse.
l'oslécs sur VVAhc cl la Vishilc. les perles éprouvées <lans de si iioinhicnix combats, les desastres de f.eipzig, eiiliii une misère toujours croissante, vivaient réduit l'armée à n'être plus que lomhre delle-méme. La retraite avait présenté le spectacle de la même confusion que celle de Russie. Des soixante mille hommes environ qui avaient atteint le Rhin, à peine quarante mille avaient des armes.
L'armée arriva à Mayence, les 1" et 2 novembre., <lans cet horrible état. Comme de pareils revers n'avaient pas été prévus, rien n'avait été préparé pour la recevoir. Des besoins de toute nature, des embarras de toute espèce, vinrent l'assaillir. Ce fut le prélude de nouveaux malheurs.
Une armée dans un désordre aussi grand, après avoir éprouvé de semblables souffrances, porte avec «lie le germe des plus cruelles épidémies. Quand rien n'est prêt pour combattre ces funestes prédispositions.^ on est assuré de voir arriver les plus affreux ravages.
Cette multitude de jeunes soldats, exténués, découragés, fut rapidement atteinte du fléau épidémique*. La mortalité, dans des établissements formés à la hâte, presque entièrement dépourvus de moyens de traitement, s'éleva rapidement à un nombre tel, que, dans le seul bâtiment de la douane,
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(^•oiivei'ti en hopif.il, il nioiirul jusfiu';! trois (UMits hommes en nn seul jour.
La terreur s'étant mise parmi les médecins el les employés des hôpitaux, les malades furent menacés de ne recevoir aucune espèce de secours. Pour remettre l'ordre, je pris le parti de diriger tout par moi-même. Je m'imposai l'obligation d'aller, chaque jour, faire la visite des hôpitaux. Ma présence ranima, dans le cœur de chacun, le sentiment de ses devoirs, et une sorte de pudeur força à les remplir.
Les malades reprirent confiance. Si le mal ne fut pas détruit, ses funestes effets furent au moins diminués. Le devoir d'un général ne se borne pas seulement à commander et à mener ses troupes au com])at. Chef d'une grande et nombreuse famille dont la conservation est à sa charge, il doit, s'il veut se montrer digne du commandement, remplir à son égard toutes les obligations d'un père, et en donner la preuve par ses soins. Il doit l'aimer s'il veut en être aimé lui-même. Le moindre instinct de ses hautes fonctions doit lui faire comprendre que Taniour des soldats pour leur général est le premier gage de ses succès. C'est, avant tout, par la réciprocité d'affection que s'établit l'accord entre le chef et ses subordonnés, et cet ensemble de volontés nécessaire pour l'exécution des projets les plus difii-
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ciles. Aussi, quand un chef soccupc, au prix des plus grands sacrifices, et même au })éril de ses jours^ de la conservation de ses soldats, il ne remplit pas seulement son devoir, il fait encore une chose utile^ tout à la fois morale et polili(|ue.
Je donnerai quelques détails assez curieux sur cette épidémie de Mayence, en 1813, qui enleva quatorze mille soldats et un nombre presque égal d'habitants. Les observations dont je vais rendre compte se trouveront applicables à toutes les circonstances semblables qui peuvent malheureusement se reproduire.
Les grandes souffrances et la disette produisent sur le corps humain à peu près les mêmes effets que la peur. Elles l'affaiblissent et le disposent aux plus horribles contagions.
L'encombrement des hôpitaux et le manque de soins firent naitre le typhus, qui enleva nos soldats par milliers. Les habitants de Mayence et des environs, qui n'étaient pas sortis de chez eux et n'avaient éprouvé aucune souffrance, frappés de terreur à la vue de cette mortalité, en furent victimes comme les soldats. Enfin, les officiers de l'armée, n'ayant pas éprouvé les terreurs des habitants, et autant de souffrances physiques que les soldats, en furent moins attaqués.
Cette double observation me donna la confiance
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lie braver le tyj)hiis, et jf^ lalTroiitai effectivement impunément.
Autre chose digne de remarque. Beaucoup de soldats semblèrent avoir eu les pieds gelés pendant cette retraite, et cependant jamais le thermomètre ne tomba au-dessous de zéro. L'épuisement avait enlevé la vie aux extrémités. Les doigts des pieds frappés de mort tombaient en gangrène, comme il serait arrivé par suite d'un froid violent.
Peindre le découragement et le mécontentement des esprits dans l'armée et dans toute la France, à la vue de tant de maux; dire le triste avenir que chacun entrevoyait, ce me serait impossible ! Cette consommation de près d'un million d'hommes, faite en si peu de temps, la disparition de notre puissance et de son prestige, les fautes grossières de la campagne, appréciables pour les hommes de l'intelligence la plus vulgaire, cette désorganisation de l'empire annoncée de toutes parts, soit par les révoltes, soit par les défections; enfin, les périls qui menaçaient le cœur même de l'État, périls si nouveaux pour nous, et que l'on ne s'imaginait plus possibles, accoutumé que l'on était depuis si longtemps à voir la victoire suivre constamment nos drapeaux, et notre influence politique aller toujours en augmentant, tout cela décourageait les esprits les plus vigoureux, et donnait à penser
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que lions n'clioiis pns ;t I;» lin (\c nos iimlheiirs. Napolôoii liii-nième, loul disposé qu'il ('l.iit ;i s a- I), iidoiiiicr ;m\ plus étranges illusions, ne pouvait se cacher les dangers actuels, le mécontentement universel et la faihlesse des moyens qui lui restaient.
Les divisions parmi les alliés avaient longtemps fait son espérance; mais les souvenirs récents de ses injures et de sa tyrannie avaient réuni, par un. lien solide, tant d'intérêts divers, et confondu toutes les passions dans une seule, celle de son abaissement. Il y avait eu en outre une grande habileté dans l'organisation militaire de cette coalition. Les corps d'armée étant presque tous composés de troupes de différentes nations, la condition de chacun était égale, sauvait les amours-propres, et établissait, au contraire, chaque jour, l'occasion de développer ime émulation utile. De plus, elle enqjêchait l'action immédiate dune politique particulière à chaque souverain, qu'une circonstance fortuite aurait pu développer. Cette réunion constante des trois souverains au même quartier général avec les chefs des cabinets établissait une harmonie complète et rendait faciles et promptes toutes les décisions. Enfin le caractère de sagesse, de bienveillance et de douceur du généralissime faisait disparaître jusqu'aux plus légères aspérités
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dans \v (•uiiUk'I des liommos cl des choses. Iliicoiç une fois, la liainc ([iio iNapoléon avait développée contre lui donnait la plus grande énergie et le j)lus ^rand accord aux volontés de ses ennemis.
Napoléon resta à Mayence jusqu'au 7 novembre, l'endant ce séjour^ il arrêta les dispositions nécessaires pour la garde de la frontière. Il divisa les commandements et pourvut, autant qu'il était en lui, à la réorganisation de l'armée, qui, au quatrième corps et à la vieille garde près, n'existait plus que de nom.
Je passais mes journées presque entières avec lui. Morne et silencieux, il plaçait toutes ses espérances dans des délais et se livrait à l'idée que l'ennemi n'entreprendrait pas contre nous une campagne d'hiver. 11 comptait, s'il pouvait disposer de six mois, parvenir à recréer une nouvelle armée assez nombreuse pour disputer avec succès le territoire sacré (c'est ainsi qu'il nommait le sol français). Effectivement, les levées s'exécutaient encore dans l'ancienne France avec facilité ; et, bien que la désertion en diminuât les effets, partout on obéissait au sénatus-consulte rendu par la régente. Les soldats, levés en conséquence, reçurent le surnom de Marie-Louise.
On put les reconnaître, pendant la campagne, d abord à leur ignorance des premiers éléments du