‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 5)Chapitre 35 sur 126 · I.IVHK XIX. — nORRESPONDAiNCI · texte numérisé non relu

I.IVHK XIX. — nORRESPONDAiNCI

stant pour (aire ai'iivci' du canon, chasser les postes ennemis, et prendre possession de ces bateaux par des nageurs soutenus par un grand iiomiii c de tirailleurs. Cette opération, quoique en plein joui, s'est faite avec tout le succès possible.

« L'ennemi a porté des forces assez considérables sur la haute et la basse Sarre, et cependant je sais, à n'en pouvoir douter, qu'il manœuvre sur les deux rives de la Moselle.

« Les troupes qui sont en face de Sarrelouis sont des troupes prussiennes du corps d'York, qui a débouché par Coblentz et Baccharach. — Les troupes qui ont débouché par deux ponts sur la haute Sarre, sont, je crois, du corps deSacken.

« Je garde tous les gués et passages de la Sarre, depuis au-dessous de Sarrelouis jusqu'au-dessus de Sarreguemines, et je resterai dans cette position tant que l'ennemi ne forcera pas un de ces passages, ou ne menacera pas mes communications en marchant par la haute Sarre.

« J'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour former l'approvisionnement de Sarrelouis, dont on ne s'était nullement occupé. Le commandant de Sarrelouis ayant perdu la tête, j'ai dû, d'après ce que les règlements m'autorisent à faire, donner un autre commandant à cette place, et j'ai fait choix du colonel du 59^ régiment, qui est un oftîcier

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renne, cl <|ni saura créer dos rossourcos et montrer du courage el de la persévérance. -lai ciu d(V voir augmenter sa garnison, assez mal composée, dun bataillon de son régiment, fort de deux cents hommes, ce qui la portera à douze cenis hommes de troupes, et quatre cents gardes nationales. »

LE MAiŒCHAL JIABMONT AU MA.JUH GKNKliAL.

« Forbach, le 9 janvier 1814, midi.

c( J"ai l'honneur de vous rendre compte que l'ennemi a forcé le passage de la rivière à Rehling, au-dessous de Sarrelouis, et qu'il débouche en force avec infanterie, cavalerie et artillerie. J'ai reçu également le rapport que les ennemis se sont beaucoup augmentés du côtédeSarreguemines, tandis que les rapports du pays annoncent que l'ennemi est entré avant-hier à Saverne. Ces différentes circonstances me déterminent à me porter demain matin à Saint-Avold, avec la plus grande partie de mes forces, en laissant mon avant-garde à Forbach; je me rapprocherai ensuite de Metz en manœuvrant suivant les circonstances.

« Le duc de Yalmy m'écrit que je ne puis recevoir de secours en vivres de Metz. Cependant, dans la circonstance où je me trouve, il faut que mes subsistances soient assurées d'une manière

M VUE XIX. COmiK SPONnANCE. II'.»

régulière, et, certes, la chose est aussi pressante que facile. Il parait que le duc de Valmy brouille tout au lieu de mettre l'ordre. Je redoute beaucoup les entraves que je vais éprouver par son voisinage. D'un autre côté, on m'assure que l'ennemi est entré à É[)inal, et j'ignore ce que devient le duc de Bellune, dont la position influe beaucoup sur la mienne. Sa Majesté appréciera les inconvénients graves de cet état de choses, et combien il serait

nécessaire de le faire cesser.

« Votre Altesse Sérénissime connaît les intentions de Sa Majesté, relativement à la formation de la garnison de Metz. Si j'y dois fournir des troupes, il faudrait y employer de préférence celles du général Durutte, qui sont peu en état de tenir la campagne, leurs magasins et leurs officiers payeurs étant à Mayence. »

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