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voi. pour ravitailler cette place, .le lis couler Ions les bateaux sur la Sarre. Ayant alors rallié les généraux Ricard et Durutte, mes forces, à cette (''|)()que, s'élevaient à :
Huit mille cinq cents hommes (l'infanterie;
Deux mille cinq cents chevaux et trente-six l)ièces de canon.
Je mis, le 8, mon quartier général à Forbach. Le corps de York, après avoir traversé le Hundsrûck, se porta sur Sarrelouis. Il força le passage de la Sarre à Rechling, construisit un pont, et passa également à Sarralbe. Il continua sa marche sur Pettelange et les défilés de Saint-Avold, tandis que Sacken, arrivé aux sources de la Sarre, manœuvrai! par les montagnes.
D'après cela, je me retirai sur Saint-Avold, et le lendemain, 10, je pris position à Longueville, laissant une arrière-garde à Saint-Avold. Enfin je me retirai sous Metz, où j'arrivai le 12. Dans cette marche, la désertion se fit sentir de la manière la plus forte parmi mes troupes. Tous les soldats qui n'appartenaient pas à l'ancienne France quittèrent leurs drapeaux. Le 11"" régiment de hussards, composé en grande partie de Hollandais, se fondit en un moment, et, comme les déserteurs emmenaieni leurs chevaux, je me vis forcé de faire mettre à pied ce qui restait et de donner les chevaux à des sol-
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dais i)lns litlùlos. Mon iiifaiilciit», le 1.") janvier, ne se composait plus que de six mille hommes appartenant à quarante-huit bataillons (terme moyen, cent vingt-cinq hommes par bataillon, y compris les cadres de quatre-vingt-quatre hommes). On voit ce qu'était cette troupe pour le service et pour combattre.
Pendant ces mouvements, le duc deBellune avait un moment tenu tête aux troupes qui, venues de Bâle, étaient entrées en Alsace. Dans un combat à Sainte-Croix, près de Colmar, sa cavalerie avait pris quatre cents chevaux à l'ennemi. Le comte de Wittgenstein ayant passé le Rhin au-dessous de Strasbourg et marché sur les Vosges, le duc de Bellune, afin de ne pas être acculé sur cette ville, se retira, par Mutrig et Framonth, sur Baccarach. Après les combats d'Épinal et de Saint-Dié, il se retira sur Nancy. Là il fit sa jonction avec le prince de la Moskowa, le 15 janvier. Le 15, il continua son mouvement sur Toul, tandis que le prince de la Moskowa se portait sur Void et Ligny. Malheureusement, en évacuant Xancy, on oublia de détruire le pont de Frouard sur la Moselle. lien résulta que la ligne de cette rivière, sur laquelle j'avais compté pour arrêter l'ennemi pendant quelques jours, ne put être défendue.
Quant à moi, du l'2 janvier jusqu'au 16, je m'é-
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tais occupé avec activité de l<)ul(;s les dispositions nécessaires pour assurer la défense de Metz. J'y plaçai le général Durutte comme commandant supérieur. Je lui donnai des cadres pour recevoir et instruire les conscrits qui y étaient rassemblés. Une centaine de pièces de canon, mises en batterie sur les remparts, et une grande quantité de bœufs pour Tapprovisionnement, assurèrent la conservation de cette place. Ensuite, après avoir fait occuper Pont-à-Mousson, j'ordonnai la destruction du pont sur la Moselle, et j'établis mon quartier général à Gravelotte. Ce fut alors que je fus informé que l'on avait laissé subsister le pont de Frouard en évacuantNancy, ce qui donnait à l'ennemi un passage sur cette rivière. La destruction du pontàPont-à- Mousson n'ayant, dès ce moment, plus d'objet, je retirai mes ordres et le laissai subsister. De Gravelotte, je me portai sur la Meuse. J'établis mon quartier général à Verdun le 18, laissant une forte arrière-garde, et faisant occuper Saint-Michel, dont le pont fut rompu.
Je m'occupai aussitôt à mettre Verdun en état de défense, et je pris des mesures pour garder quelque temps la ligne de la Meuse. Des pluies abondantes, qui grossissaient les eaux, venaient en aide à ce projet. Mais il se trouva que le duc de Bellune avait encore omis de faire couper les ponts de la
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Meuse aii-dessiis de Vaucoulenis. l/ciiiiciiii s'en .saisit et passa la rivirre. f.o niairclial lut loiré de se retirer sur Ligny pendant que moi-même je me portais, avecla plus grande partie de mes troupes, sur 13ar-le-Due, et que j'envoyais, aver l'autre partie, le général Ricard occuper le délilé des islettes.
De Ligny, le duc de Bellune se retira sur Saint- Dizier, et ensuite sur Perthes, où il prit position le "Iiô. Pendant ce temps, je me retirais sur Vitry-le- Prùlé, le prince de la Moskowa sur Yitry, et Napoléon arrivait à Vitry, où il rejoignit l'armée.
Comme je l'ai dit précédemment, le duc de Trévise s'était arrêté à Langres. Il y resta jusqu'au moment où l'ennemi parut en force devant lui ; alors il se retira sur Bar-sur-Aube. Il fut attaqué dans €ette nouvelle position; il recula de nouveau et se replia, le '25 janvier, sur Vandœuvre. laissant une forte arrière-garde à Magny-le-Fouchar.
Enfin, le duc de Tarente, parti des bords du Rhin, s'était d'abord porté sur Juliers et sur Liège, où il avait réuni toutes ses forces; mais là il reçut <le Napoléon l'ordre de se rendre à Châlons-sur- Marne. 11 y arriva en effet le 50 janvier. A Namur, il fut abandonné par le général Winzingerode, qui, jusque-là, l'avait suivi. Ce général s'arrêta sur la basse Meuse. Ainsi, le '26 janvier, jour de l'arrivée de Napoléon à Vitry, toutes les forces françaises
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"(loiil l'iiulicalioii a été doiiiico plus haut claient placées (le la manière suivante :
Le duc de Trévise à Vandœuvre avec la vieille garde;
Le duc de Bellunc à Perlhes;
Le prince de la Moskowa en avant de Vitry avec la jeune garde,
Et moi à Heils-Luthier, également en avant de Vitry.
Aussitôt après l'arrivée de Napoléon à Vitry, je me rendis près de lui. Le Moniteur avait annoncé la formation d'un camp à Chàlons. Je lui parlai des renforts que, sans doute, il nous amenait. Il me répondit: « Aucun; il n'y avait pas un seul homme à Châlons. — Mais avec quoi allez-vous combattre? - Nous allons tenter la fortune avec ce que nous avons; peut-être nous sera-t-elle favorable! »
C'était à ne pas se croire éveillé que d'entendre pareilles choses; et cependant il y eut un enchaînement de circonstances si extraordinaire, que la balance a failli pencher en notre faveur. Il ajouta, au surplus, des détails importants donnant du crédit à ses paroles et quelque base à ses espérances. Il avait donné l'ordre au prince Eugène d'évacuer l'Italie, après avoir fait un armistice, ou bien trompé les Autrichiens et fait sauter toutes les places, excepté M;intoue, Alexandrie et
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Gùnos. ,V'i\\ <Mi, flans lo temps, qnolquos doutes sur la vérité de ces dispositions; mais elles m'ont été cerliliéos et garanties depuis par l'officier porteur des ordres et des iustiuclions. le lieutenant général d"\ntouard, premier aide de camp du vice-roi. Il est entré avec moi dans des détails circonstanciés dont je vais rendre compte.
Les armées françaises et autrichiennes en Italie étaient sur FAdige- Eugène avait l'ordre de négocier un armistice en cédant les places de Palma- Nuova et d'Osopo: de faire partir la vice-reine pour Gênes ou Marseille, à son choix, en lui donnant deux hataillons de la garde italienne ; de former les garnisons de Mantoue, Alexandrie et Gênes avec des troupes italiennes; de faire sauter les autres places simultanément, et de rentrer en France avec l'armée à marches forcées, après avoir tout préparé pour exécuter ce mouvement avec célérité.
Il aurait amené avec lui trente-cinq mille hommes d'infanterie, cent pièces de canon attelées et trois mille chevaux. Après avoir passé le mont Cenis, dont il aurait détruit la route, il aurait rallié quelques milliers d'hommes en Savoie et le corps d'Augereau, fort de quinze mille hommes. Ses forces se seraient alors élevées à plus de cinquante-cinq mille hommes. Ensuite, après avoir battu et chassé devant lui le corps de Bubna. il se serait porté en