LIVRE XX\I. — iS59-)Sii
Ibrahim-Pacha eût dû choisir ce quil avait de plus disponible dans ses troupes, et se placer sur le revers du Liban, en face du point de débarquement des Anglais et à deux ou trois lieues; stimuler ses troupes par tous les moyens possibles, et faire occuper les points principaux du Liban par le reste de son armée afin d'imposer une crainte salutaire aux Maronites. Dix à douze mille hommes qu'il eût eus sous la main lui auraient donné les moyens de jeter à la mer les cinq ou six mille Turcs qui s'avançaient réunis à douze cents Anglais, force réelle de l'expédition. Un masque de troupes, laissé dans le Taurus, suffisait pour couvrir la Syrie contre le corps turc qui venait de l'Asie Mineure. La question allait se décider sur le bord de la mer. Les véritables ennemis étaient les Maronites. 11 fallait les contenir et ils se trouvaient hors d'état de rien entreprendre le jour où les troupes de débarquement auraient été battues. Osman-Pacha, avec un détachement, fut dirigé sur le point où Ibrahim, à la tête de ses troupes, aurait dû se placer lui-même. Les forces d'Osman battues, tout fut dit. L'opinion, chez les Égyptiens, détruisit tout moyen ultérieur de défense, donna une confiance sans bornes à la population insurgée, détermina la défection de Ternir Béchir; tandis que, si la marche offensive des troupes débarquées eût été repoussée, et que les