TENTATIVE DE RENÉ DE LORRAINE
nie de luy et de ses enffans, et se donnèrent tous les barons et les trois pars du royaulme à l'Eglise. Toutesfoys ledit roy Ferrande, secouru“ des Florentins, les pressoit fort ; et, pour ce, le pape! et les dits seigneurs du royaulme, qui s’estoient rebellés, mandèrent ledit duc de Lorreyne pour l’en faire roy. Et long temps l’attendirent des gallées à Gennes et le cardinal de Sainct-Pierre-ad-vincula?, cependant qu'il estoit en ces brouillis ? de court et sur son departement et si‘ avoit avecques luy gens de tous les seigneurs dudit royaulme, qui le pressoient de partir.
Fin de compte, le roy et son conseil monstroient en tout et par tout vouloir de luy aider, et luy fut promis soixante mille livres*, dont en eut vingt mil (le reste se perdit) et luy fut consenti mener les cent lances, qu'il avoit du roy, et envoyé/ ambassades par tout en sa faveur3. Toutesfoiz le roy estoit jà de dix neuf ans ou plusi, nourry de ceulxÿ que j'’ay nommé, qui luy disoient journellement que ledit royaulme? luy devoit appartenir (et le diz* voulentiers pour’ ce que souvent petites gens en menoient grant noise), et aussy/ par
a. qui fut secouru éd. Dupont. — b. broulleys P.— c. si omis par éd. Dupont. — d. de se vouloit aider de luy éd. princeps ; de luy vouloir aider éd. Dupont. — e. soixante mil francz éd. Dupont. — f. envoyer éd. Dupont. — g. royaulme de Naples éd. Dupont. — h. je le dis éd. Dupont. — i. par éd. Dupont. — j. et ainsi le sceü éd. Sauvage, éd. Lenglet. L'éd. Dupont est conforme à P, contrairement à ce qu'indique B. de Mandrot.
dans l'affaire des barons napolitains, dans la Revue historique, t. CX (1912), p. 225-246.
1. Innocent VIII, successeur de Sixte IV depuis le 29 août 1484.
2. Julien de la Rovère, cardinal de Saint-Pierre-ès-Liens, plus tard pape sous le nom de Jules II.
3. Balue agit à Rome; Faucon parcourut l'Italie : ainsi la régence occupait René tout en faisant échec à l'Espagne, dont l’intransigeance à propos du Roussillon indisposait le gouvernement français.
4. Charles VIII n'avait alors que seize ans. Cf. ci-dessus, p. 4, n. 1.
5. Entendez : élevé par ceux. Sur ce sens du mot « nourri», cf. notre t. I, p. I, n. 4.