Entendez : mollement
ÉVÉNEMENTS DE SIENNE (15-17 juin 1595) 143
catz, qu'ilz offroient prester et servir le roy à son passaige avecques trois cens hommes d’armes soubz la charge de messire Francisco Sico, vaillant chevalier et de qui le roy se fioit, et de deux mil hommes de pied !. Je fuz d’oppinion que le roy le devoit faire, et d’autres aussi, et seullement retenir Livorne* jusques ilé fust en Ast. Il eust bien paié ses gens, et encores luy fust demouré de l'argent pour fortraire des gens de ses ennemys et puis les aller chercher. Toutesfoiz cela n'eut nul lieu‘, et y empescheoit monsr de Lingny?, qui estoit homme jeune, cousin germain du roy ; et ne sçavoit point bien pour quelle raison, sinon pour pitié des Pisans. L'autre conseil fut que ledit monsr de Lingny faisoit mectre en avant par ung appellé Gauchier de Tinteville8 et une part de ceulx de Senes, qui vouloient mons' de Lingny pour seigneur ; car la ville est de tous temps en parcialité et se gouverne plus follement que citée d’Itallie.
11 m'en fut demandé le premier. Je diz qu’il me sembloit que le roy devoit tirer son chemin et ne se amuser à ces folles offres qui ne sauroient durer une sepmaine ; et/ aussi que c'estoit ville d'Empire, qui seroit? mis l’Empire contre nous. Chascun fut de cest advis ; toutesfoiz on fit aultrement. Et le prindrent ceulx de Senes pour leur cappitaine { et luy pro-
a. Ligorne éd. Dupont. — b. ilz P, que suit B. de Mandrot ; jusques à ce qu’il éd. Dupont. — c.n'’eut point de lieu éd. Dupont ; n’eut lieu éd. B. de Mandrot. Nous rétablissons nul, qui se trouve dans P. — d. et cousin éd. Dupont. — e. ville éd. Dupont. — f. et omis éd. Dupont. — g. seroit [avoir] mis éd. B. de Mandrot. Correction inutile.
1. Il s’agit des propositions offertes au roi à Viterbe (6-8 juin 1495) par les ambassadeurs de Florence (Desjardins, Négociations diplomatiques de la France avec la Toscane, t. I, p. 618 et suiv.). Le capitaine dont il s’agit est Francesco Secco.
2. Louis de Luxembourg, comte de Ligny (cf. ci-dessus, p. 72, n. 9). Sa mère, Marie de Savoie, était sœur de la reine Charlotte, mère de Charles VIII.