‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 255 sur 429 · Tortona, province d'Alexandrie · texte numérisé non relu

Tortona, province d'Alexandrie

RETRAITE DES FRANÇAIS (13-14 juillet 1495) 207

deffendoit! ; car les gens qui estoient soubz sa charge estoient à Tortonne pour le duc de Millan; mais, adverty qu'il® fut par ceulx qui faisoient les logis du roy que ledit seigneur ne vouloit que passer, se retira en la ville et manda qu'il baïlleroit de? vivres tant que l’on vouldroit ; et ainsi feït, car toute l’armée passa rasibus de la porte? dudit Tortonne, et vint ledit Frequasse au devant du roy, armé ; mais il n’avoit que deux personnes avecques luy, et s’excusa fort au roy qu'il ne le logeoit en la ville, et fit mettre force vivres hors ladite ville, dont tout l’ost fut bien fourny ; et au soir vint au coucher du roy. Et fault entendre qu'il estoit de ceste maison de Sainct-Severin et frère de ce conte de Gaiasse et de messire Galiace et avoit esté, peu de temps devant, à la soulde du roy en Rommaigne, comme il a esté dit ailleurs3.

Et de là vint le roy à Nyce-de-la-Paille ‘, qui est au marquisat de Montferrat, que nous desirions bien trouver pour estre en païs d’amys et en seüreté, car ces chevaulx legiers que menoit le conte de Gaiasse estoient sans cesse à nostre queuhe et les premiers jours nous firent grant ennuy et avions peu de gens dec cheval qui se voulsissent mettre derrière, car plus approchions du lieu de seüreté et moins monstroient les nostres qu'ilz eussent vouloir de combatre. Et ainsié dit-l’on que c’est la nature d’entre nous, Françoys, et l'ont escript les

a. qui P. — b. des éd. Dupont. — c. à éd. Dupont. — d. aussi éd. Dupont.

1. Ce personnage (cf. ci-dessus, p. 205, n. 7) s'était porté de Plaisance à Tortona, où était aussi le comte de Caiazzo. Leur frère Octaviano di San-Severino en était capitaine. Ce dernier écrivit au duc de Milan, s’excusant en ces termes de n’avoir pu attaquer les Français : « Bien que les Français fussent exténués de fatigue, ils marchaient en si bon ordre que nous n’avons pu leur faire aucun mal » (Cherrier, Histoire de Charles VIII, t. II, p. 267-268).

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