OFFENSIVE ESPAGNOLE EN ITALIE ET EN LANGUEDOC
premiere auctorité et les aultres la perdre. Ainsi passèrent les choses ung an et demy, ou environ.
[2.] De quelques dissentions d’entre le roy Charles et Ferrond de Castille et des ambassadeurs envoyéz de l’ung à l’aultre pour les appaiser. — Et® alloient ambassadeurs devers le roy et royne de Castille!, car fort desiroit le roy appaiser ce bout, qui estoit en guerre. Et estoient fors et par mer et par terre. Combien que par la terre feïssent poy d’exploict, par mer avoient fort aidé aux roys Ferrand et Federic, car Cecille est voisin du royaulme de Napples d’une lieue et demye, à l’endroit de Regis? en Calabre? ; et aulcuns veullent dire que autresfoiz fut toute terre, mais que la mer a faict ceste ouverture que l’on appelle de present le Fare° de Messine3. Et en Cecille, dont les roy et royne de Castille estoient grans seigneurs, venoit grantd secours à Napples, tant de carvelles qu'’ilz y avoient envoyéz d’Espaigne que de gens. En: Cecille mesmes se trouva quelque nombre d'hommes d’armes qui estoient passéz en Calabre, avecques une quantité de genetairesÿ, et faisoient la guerre à ceulx qui estoient là pour le roy6. Leurs navires estoient sans cesse avecques ceulx de la ligue : ainsi, quant tout estoit assemblé, le roy estoit beaucop trop foible par la mer.
Par ailleurs fit le roy de Castille peu de dommaige au roy.
a. Durant ce temps partout sauf dans P, que suit B. de Mandrot. — b. Reges éd. Dupont. — c. Fart P, suivi par B. de Mandrot. — d. vinrent grans éd. Dupont. — e. Et en éd. Dupont.
1. Nous étudierons le détail de ces ambassades dans l'ouvrage annoncé ci-dessus, p. 33, n. 4.
2. Il s’agit, bien entendu, de la ville de Reggio de Calabre.
3. Le Phare (Faro en italien) ou détroit de Messine, qui sépare la Sicile de l'Italie méridionale.
4. Les caravelles, navires à quatre mâts et à voiles latines.