‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 348 sur 429 · DUPLICITÉ DE LA DIPLOMATIE ESPAGNOLE · texte numérisé non relu

DUPLICITÉ DE LA DIPLOMATIE ESPAGNOLE

les autres, le fils de l’arcevesque de Sainct-Jacques!, et trois ou quatre cens autres hommes, lesquelz ne s’attendoient point que si toust on les deüst prendre; car ilz n’entendoient point quel exploict faisoit nostre artillerie, qui, à la verité, passe toutes les artilleries du monde.

Et véez là* tout l'exploit qui fut faict entre ses deux roys ; mais ce fut honte et descry audit roy de Castille, veü que son armée estoit si grosse 3. Mais quant Nostre Seigneur veult commencer à pugnir les gens, il leur advient voluntiers de telles petites douleurs au commancement ; car il en advint bien de plus grandes audit? roy et royne tost après, et si fit-il à nous.

Grant tort avoient lesdictz roy et royne de ainsi s’estre parjuréz envers le roy, après ceste grant bonté qu'il leur avoit faicte de leur avoir rendu ledit pays de Roussillon, qui tant avoit cousté à reparer et garder à son père, lequel l’avoit en gaige pour trois cens mil escuz, qu'il leur quitta ; et tout cecy afin qu'ilz ne l'empeschassent point à sa conqueste qu’il esperoit faire dudit royaulme de Napples'. Et refirent les anciennes aliances de Castille, qui est‘ de roy à roy, de royaulme à royaulme, de homme à homme de leurs subjectz5, où ilz promisdrent de ne l’empescher point à ladite conqueste et ne marier nulles de leurs filles en ladite maison de Naples, d’An-

a. Et voilà éd. Dupont. — b. auxdictz éd. Dupont. — c. qui sont éd. Dupont.

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