RELATIONS DE L’ESPAGNE ET DU PORTUGAL
mourir ces deux seigneurs dont j’ay parlé et avoit confisqué leurs biens (et par ce moyen la confiscation tient de present, combien que le cas dont ilz estoient accuséz estoit de vouloir faire celuy qui de present règne roy de Portingal), et ces chevaliers sont recompenséz en Castille ; et leurs terres sont demouréez à la royne de Portingal, dont je parle!.
Or fault entendre“ qu’il n’est nulle nation que les Espaignolz hayent tant que les Portingalloys ; et si les mesprisent et s’en mocquent. Pourquoy ? desplaisoit bien aux roys* dessusdits d’avoir baïillé leur fille à homme qui ne seroit point agreable au royaulme de Castille et aultres leurs seigneuries. Cet s’ilz eussentd eu à faire?, ilz ne l’eussent jamais faict : qui leur estoit3 une aultre amère douleur, et encores de quoy fauldroite qu’elle se departit d’eulx{. Toutesfoiz, leurs douleurs passées, ilz les ont menéz par toutes les principalles cités de leurs royaulmes et faict recepvoir leur fille pour princesse, et/
a. Mais nonobstant telles considerations, ces roy et royne de Castille avoient grant douleur de ce mariage : car il faut entendre éd. Sauvage et éd. Lenglet. — b. Par quoy éd. Dupont. — c. roy et royne éd. Dupont. — d. [l’Jeussent éd. B. de Mandrot : même sens, mais la correction est superflue. — e. de quoy il falloit éd. Dupont. — }. et omis dans l’éd. Dupont.
1. Le sens est le suivant : les adversaires de Jean II avaient subi des confiscations et avaient été, par suite, récompensés par des biens en Castille; or, comme leur parti était celui d'Emmanuel, l'union d'Emmanuel et d'Isabelle de Castille permettait de liquider avantageusement les situations de fait ainsi créées.
2. Entendez : s’ils avaient eu à marier leur fille librement (après expérience faite).