Il y revint le 8 novembre
Commynes, III. 5
62 FUITE DES MÉDICIS (9 novembre 1494)
avoit desaisis de toute leur force et puissance et de tout ce qu'’ilz avoient conquis en cent ans et sembloit que leur cueur sentist les maulx qui depuis leur sont advenuz. Et tant pour ceste cause, que je croy la principalle, combien qu'ilz ne l’avoient jamais dit, que pour la hayne qu'’ilz® luy portoient, que ay declairé!, et pour cuyder retourner en liberté, dont ilz se cuidoient forclos, et sans avoir memoire des biensfaictz de Cosme et de Laurens de Medicis, ses predecesseurs, deliberèrent le chasser de la ville.
Ledit Pierre de Medicis?, sans le sçavoir, mais bien estoit en doubte2, va vers le palays, pour parler de l’arrivée: du roy qui estoit encores à trois mille près43, Et avoit sa garde
‘ acoustumée avecques luy ; et vint hurter à la porte dudit palays, laquelle luy fut refusée par ung de ceulx de Nerly, qui estoient plusieurs frères (et l’ay bien congneü* et le père), très riches hommes’, disant qu’il y entreroit luy seul, s’il vouloit, mais? aultrement non; et estoit armé celuy qui faisoit ce reffus. Incontinent retourna ledit Pierre à sa maison et s’arma et# ses serviteurs et fit advertir ung appellé Paul
- Orsin ‘5, qui estoit à la soulde des Florentins, car ledit Pierre, de par sa mèref, estoit des Orsins’, et tousjours le père et luy en avoient entretins* aulcuns de la maison à leur soulde ; et
a. qui P.— b. de Medicis omis par éd. Dupont. — c. l'arivée P. — d. qui encores estoit à trois mils près éd. Dupont. — e. que j’ay bien congnuz éd. Dupont. — ÿf. hommes omis éd. Dupont. — g. mais omis éd. Dupont. — h. luy et éd. Dupont. — à. Ursin éd. Dupont. — j. Ursins éd. Dupont. — k. entretenu éd. Dupont.