LA MAISON DE PIERRE DE MÉDICIS AU PILLAGE
Medicis 2, se print à piller tout ce qu’il trouva en la maison, disant que leur bancquier ? à Lyon luy debvoit grant somme d'argent. Et, entre aultres choses, print une licorne ! entière, qui valloit six ou sept mil ducatz, et deux grans pièces d’une aultre et plusieurs aultres biens. D’aultres firent comme luy. En une aultre maison de la ville avoit retiré? tout cequ’ilavoit vaillant: : le peuple pilla tout#. La seigneurie eut partie des plus riches bagues et quelzquesé vingt mil ducatz content qu’il avoit en son banc! en la ville et° plusieurs beaux potz d’agathe et tant de beaux camaieux bien taillés que merveilles, que autresfoiz avoiz veüz/, et bien trois mil medailles d’or et d'argent, bien la pesanteur de quarante livres ; et croy qu’il n’y avoit point autant de belles medailles en Ytalieÿ. Ce qu'ils perdit en ce jour en meubles # en la cité valoit cent mil escuz passézi.
a. dudict Pierre de Medicis omis par P.— b. bancque éd. Dupont. — c. vaillent P, suivi par B. de Mandrot : même prononciation et même sens. — d. quelzques omis éd. Dupont. — e. en P; et éd. princeps, leçon préférable. — f. j'avoye veuz éd. Dupont. — g. qui P.— h.en meubles omis éd. Dupont. — i. escuz et plus éd. Dupont.
1. Il est souvent question de licorne dans les textes du xv® siècle. Olivier de la Marche et Georges Chastellain parlent notamment à plusieurs reprises de celles des ducs de Bourgogne : la corne de cet animal fabuleux décelait, croyait-on, la présence du poison dans les mets. Le moyen âge utilisait à cet effet soit la corne de l’antilope oryx, soit l'ivoire fourni par la dent du narval. Voir L. de Laborde, Notice des émaux, bijoux et objets divers exposés dans les galeries du Louvre (Paris, in-80, 1853), t. II, p. 369 et suiv.