CHAPITRE XIII
COMMENT LE ROY ALPHONSE FEÏT COURONNER SON FILZ FERRAND ET DE LA MAUVAISE VIE QUE AVOIT MENÉE LE VIEUX FERRAND, SON PÈRE, ET LUY AUSSI.
Estoit-il possible de croire que le roy Alphonce, si orgueilleux, norry à la guerre, et son filz et tous ces Ursins®, qui ont si grant part à Rome, n’ousassent demourer en la cité, qui veoient? et sentoient que le duc de Millan bransloit et les Veniciens et se praticquoit une ligue, qui eust esté conclue si quelque resistance se fust faicte à Viterbe ou à Rome, — comme j'estoie bien asseüré, — pourveü qu'ilz eussent peü arrester le roy aulcuns jours? Au fort!, il failloit que Dieu monstrast que toutes ces choses passoient le sens et congnoissance des hommes ; et si est bien de noter que, ainsi comme les murs de la ville estoient tumbéz, ainsi tumba Lien‘ quinze brasses des avants-murs du chasteau Sainct-Angel*, comme m'ont compté plusieurs, et entre aultres deux cardinaulx qui y estoient, qui misdrent grant peyne de mouvoir le roy à prendre cella pour miracle et faire prendre par force le pape, comme je diray aprèsd.
a. ses voisins P. — b. quant ilz veoient éd. Dupont. — c. bien omis par P, que suit B. de Mandrot. — d. qui misdrent grant peine de mouvoir le roy à prendre cella pour miracle et faire prendre par force le pape comme je diray après n’est que dans P, suivi par B. de Mandrot, et peut-être interpolé.