On entend par « manteline » un petit manteau
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56 LOUIS XI A PARIS (28 août 1465)
tenoit pour le roy, et y avoit beaucoup de gens : par quoy luy estoit besoing d’estre venu accompaigné. Les requestes et fins des seigneurs estoyent d’entrer dedans Paris pour avoir conversation et amytié avec eulx sur le fàict de la reformation du royaulme, lequel ilz disoient estre mal conduyt, en donnant plusieurs grans charges au roy. Les responces estoyent fort doulces, toutesfois prenant quelque delay avant respondre. Et depuis ne fut content le roy dudict evesque ne de ceulx qui estoient avec luy®.
Ainsi s’en retournèrent®, demourans en grans practiques, car chascun parla à eulx en particulier. Et croy bien que en secret fut accordé par aucuns que les seigneurs, en leur simple estat, y entreroyent et leurs gens pourroyent passer oultre, se bon leur sembloit, en petit nombre à la fois. Ceste conversation n’eust point seulement esté ville gaignée, mais toute l’emprise; car ayséement le peuple se fust tourné de leur part, pour plusieurs raisons et, par consequent, toutes celles du royaulme à l’exemple de ceste lat. {Dieu donna saige conseil au roy, et il l’executa bien.) Adverty de toutes ces choses avant que ceulx qui estoient venuz vers ces seigneurs eussent faict leur rapport, il arryva en la ville en lestat que l’on doit venir pour resconforter peuple, car il vint en très grande compaignie et mist bien dans la ville deux mille hommes d’armes, tous les nobles de Normandie, grant force francs archiers, les gens de sa maison pensionnaires et autres gens de bien qui se trouvent avec tel roy en semblables affaires. Et ainsi fut ceste praticque rompue et tout ce peuple bien mué d’essiens? ny ne se fust trouvé homme de ceulx qui paravant avoyent esté
a. M omet cette phrase; elle est reportée plus loin dans À, Bet P. — b. s'en retournèrent ainsi M.
1. Sur le péril couru par le roi et la gravité de la situation, voir les Dépêches des ambassadeurs milanais, éd. B. de Mandrot, t. III, p. 285.
2. Et non « des siens », qui n'offrirait aucun sens. L'escient (la conscience) des Parisiens fut changé par la présence du roi.
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HABILE POLITIQUE DU ROI (août-sept. 1465) 57
devers nous qui plus eust osé parler de la marchandise, et aux aucuns en print mal.
Toutesfois il ne usa de nulle cruaulté en ceste matière”, mais aucuns perdirent leurs offices, autres les envoya demourer ailleurs : que je lui reppute à louenge? de n’avoir usé d’autre vengence, car si ce qui estoit encommancé fust venu à effect, le myeulx qu’il luy povoit advenir, c’estoit de fuyr ‘hors du royaulme. Car plusieurs fois m’a dit que s’il n’eust peu entrer à Paris et qu’il l’eust trouvée muée, qu’il fust fuy devers les Suysses ou devers le duc de Millan, Francisque, qu’il repputoit son grant amy; et bien luy monstra par le secours qu'il luy envoya — que conduysoit son filz aisné appellé Galleacheï, depuis duc, qui estoit de cinq cens hommes d'armes et de trois mil hommes de pied, et vindrent jusques en Forestzt et feirent guerre à monsr de Bourbon, mais à cause de la mort dudict duc Francisqueÿ s’en retournèrent — et-aussi par le conseil qu’il luy donna, entretenant la paix appellée le traicté de Conflans, où il luy manda® qu’il ne reffusast nulle chose que on luy demandast pour separer ceste compaignye, mais que seullement ses gens luy demourassent.
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a. Ici se place dans À, B et P la parenthèse Et depuis, etc., intercalée plus haut dans D (p. 56, note a). — b. Foretsz D. — c. demanda À.
1. C'est-à-dire : du marchandage (sens fréquent du mot « marchandise » dans Commynes et les auteurs de son temps).
2. Sur l'attitude du roi, cf. Stein, Charles de France, p. 108.
3. C’est ce que confirme l’ambassadeur milanais J.-P. Panigarola : « Secretamente sonno avisato che ha deliberato da Rohano, non se potendo accordare con Inglesi, de sene andare nel Delfnato ad trovare el conte Galeazo, nel quale Soa M‘* mette ogni soa speranza » (Dépêches des ambassadeurs milanais, éd. B. de Mandrot, t. III, p. 285). Galéas est le fils de François Sforza, duc de Milan; il sera son héritier.