‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 105 sur 315 · RICHESSES DE PARIS ET DE L’ILE-DE-FRANCE · texte numérisé non relu

RICHESSES DE PARIS ET DE L’ILE-DE-FRANCE

A mon advis, n’avions point*esté plus de trois jours! devant Paris quant le roy y entra. Tantost? nous commença la guerre très forte, et par especial sur noz fourraigeux, car l’on estoit contrainct d’aller loing en fourraige et failloit Tbeaucoup gens à les garder. Et fault bien dire que ceste Isle de France est bien assise, et ceste ville de Paris, de po-

oir fournir deux si puissans ostz?. Car jamais nous n’eusmes

aulte de vivres, et dedans Paris à grand peine s’apperce- Yoyentc-ilz qu’il y eust homme‘. Riens ne encherist que le pain, d’un denier seulement sur pain3. Car nous ne occupions point les rivières d’au dessus, qui sont troys, c’est assavoir Marne, Yonne et Seine, et plusieurs petites rivières qui entrent en ceulx® là.

A tout prendre, ceste cité de Paris est/ la cité que jamais je veisse environnée® de meilleur pays et plus plantureux, et est chose presque increable# des biens qui y arrivent. Je y ay esté depuis ce temps là avecques le roy Loys demy an sans bouger, logié ès Tournelles{, mengeant et couchant avecques luy ordinairement, et depuis son trespas vingt moys maulgré moy, tenu‘ prisonnier en son palais, où je veoye de mes fenestres arriver ce qui montoit contremont la rivière de Seine, du costé de Normandie. Du dessus en vient sans comparaison plus que n’eusse jamais’ creu ce que j’en ay veu.

Ainsi donc sailloit de Paris tous les jours force gens et y estoient les escarmouches grosses. Nostre guet estoit de cinquante lances qui se tenoient vers la Granche des* Mer-

a. point omis par M. — b. tantôt omis par À. — c. souspeçonnoient À. — d. asme P et M. — e. celle À. — f. c’est P. — g- mieux environnée À; avyronée P. — h. P ajoute que. —

i. debtenu À. — j. P ajoute pensé ne. — k. aux P.

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