COMMYNES AU SERVICE DU ROI VII
perflu de flétrir ou de justifier ce changement de camp1. Il suffit de le constater. La conséquence immédiate en fut double : d’une part, la confiscation des biens de Commynes dans les États du Téméraire?; d’autre part, de larges compensations prodiguées par le roi5. Le 27 janvier 1473, Commynes épouse Hélène de Chambesi et devient « sire d’Argenton »5.
1. Mie Dupont (éd., p. xxxvi et suiv.) a réuni tout ce qui peut être allégué pour ou contre (cf. Kervyn, op. cit., t. I, p. 57 et suiv., 72 et suiv.; B. de Mandrot, L'autorité historique de Ph. de Commynes, Revue historique, t. LXXIII, p. 255). En réalité, le voile jeté par Commynes sur tout ce qui entoure sa défection est si épais qu’il est impossible de rien pénétrer de l'intrigue. Mais il est bon de noter que l’histoire du temps est pleine de défections comparables à la sienne.
2. Voir l’acte cité à la note précédente. La confiscation fut immédiate. Cf. M'e Dupont, éd., p. xxxvin, et t. III, p. 11.
3. Louis XI donna au transfuge la principauté de Talmont et ses dépendances, donation qui jeta son nouveau titulaire dans des procès interminables avec les La Trémoïlle (B. de Mandrot, éd., p. vis et xvi-xvi1; Kervyn, op. cit., t. I, p. 97 et suiv.; Barbaud, Notice sur Ph. de Commynes et la principauté de Talmont; cf. ci-après, p. 1x, n. 7). Outre la seigneurie d’Argenton (Argenton- Château, arr. de Bressuire, Deux-Sèvres), acquise par Commynes à l’occasion de son mariage, Commynes reçut encore la capitainerie de Chinon (8 novembre 1472), la terre et seigneurie de Chaillot (7 octobre 1474), l’office de sénéchal de Poitou (24 novembre 1476), la capitainerie du château de Poitiers (2 février 1477), des rentes confisquées sur le duc de Nemours (septembre 1477), etc. Cf. Mit Dupont aux preuves de son édition, t. III, p. 26, 54, 60, 63, 67, 182; Lenglet, éd., t. IV, 11, p. 125; Kervyn, op. cit., t. 1, p. go et suiv.
4. Elle était fille de Jean, sire de Montsoreau, et de Jeanne Chabot. Le contrat de mariage figure dans Lenglet, éd., t. IV, Hu, p. 141, et dans les preuves de l'édition de M'° Dupont, t. III, p. 38.