C'est-à-dire : il lui rappelait
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ENTREVUE DU ROI ET DU TÉMÉRAIRE (9 sept. 1465) 75
combien il estoit tenu à sa maison, car, fugitif de son père, le roy Charles, il y fut receu et nourry six ans, ayant deniers de luy pour son vivre, et puis amené par eulx jusques à Reims et à Paris, à son sacre. Ainsi avoit prins ce conte de Charroloys en très grant despit ce rachapt des terres dessusdictes!.
Tant fut demenée ceste praticque de paix, que le roy vint ung.matin par eaue jusques viz à viz de nostre ost, largement chevaulx? sur le bort de la rivière. En son bateau n’estoient que quatre ou cinq personnes, sauf3 ceulx qui tiroyent. Il y avait monsr du Lau, monsr de Montauban, lors admiral, et monsr de Nantouillet et d’autres. Les contes de Charroloys et de Sainct Pol estoient sur le bort de la rivière de leur costé, actendans ledict seigneur.
Le roy demanda à monseigneur de Charroloys ces motz: « Mon frère, m’asseurez vous? » (cart autresfois ledit conte eut espousé sa sœur). Ledict conte luy respondit : « Monseigneur, ouy. » Je l’ouy; si feirent assez d’autres. Le roy descendit en terre avec les dessusdictz, qui estoyent venuz quant et luyÿ. Les contes dessusdictz? luy feirent grant honneur, comme raison estoit, et lui n’en estoit point chiche, et commença la parolle, disant : « Mon frère, je congnois que estes gentilhomme et de la maison de France. » Ledit conte de Charroloys luy demanda : « Pourquoi, monseigneur ? » — « Pour ce, dist-il, que, quant j'envoyai mes embassadeurs à
a. car est aussi dans À, B et M; omis par P.— b. À omet qui estoyent venuz quant et luy. Les comtes dessusdictz.
1. Sur cette attitude de Charles le Téméraire au sujet des « villes de la Somme », cf. ci-dessus, p. 8, n. 3.