‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 141 sur 315 · ET DE CE QUI S'EN ENSUYVIT · texte numérisé non relu

ET DE CE QUI S'EN ENSUYVIT

Retournant audictz ducz de Normandie et de Bretaigne, qui estoient alléz prendre possession de la duché de Nor- |mandie, dès ce que leur entrée fut faicte à Rouen ilz se commencèrent à diviser# quant ce vint à departir le butin; car encores estoient avecques eulx ces chevaliers que j’ay nomméz, qui avoient accoustumé d’avoir de grans estatz et de grans honneurs du roy Charles, et leur sembloit bien

a. Le titre en rouge dans D.

1. Et dont le comte lui-même avait fait hommage. Cf. ci-dessus, p. 86.

2. Cf. H. Pirenne, Histoire de Belgique, t. II, p. 279; 3° éd. (1922), p. 304.

3. Cf., sur les intrigues du moment, H. Stein, Charles de France, p. 135 et suiv.

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ISCONSIN

LOUIS XI REPREND LA NORMANDIE (décembre 1465) 89

qu’ilz estoient à la fin de leur entreprinse et que au roi ne se povoient fier, et voulut chascun en avoir du meilleur endroits. D'autre part, le duc de Bretaigne en vouloit disposer en partie, car c’estoit luy qui avoit porté la plus grand mise et le plus grand faix? en toutes choses. Tellement se porta leur discord qu’il faillut que le duc de Bretaigne, pour craincte de sa personne, se retirast au mont Saincte Katherine, près Rouen!, et fut leur question jusques là que les gens du duc de Normandie avec ceulx de la ville de Rouen furent prestz à aller assaillir ledict duc de Bretaigne jusques au lieu dessusdict, par quoy fut contrainct de se retirer le droit chemin vers Bretaigne?.

Et, sur ceste division, marcha® le roy près du pays. Et povez penser qu'il l’entendoit bien et qu’il aydoit bien à le conduyre, car il estoit maistre en ceste science. Une partie de ceulx qui tenoient les bonnes places commencèrent à les luy bailler et en faire leur appoinctement avecques luy3. Je ne sçay de ces choses que ce qu’il m’en a“ compté, car je n’estoie point sur les lieux. Il print ung parlement avecques le duc de Bretaigne, qui tenoit une partie des places de la Basse Normandie, esperant de luy faire habandonner son frère de tous poinctz. I1z furent quelque peu de jours ensemble à Caeni, et firent un traité par lequel ladicte ville de Caen° et autres demourèrent ès mains de monsr de Lescun/

a. en son endroit À. — b. faiz À, B et M; fraiz P. Cette leçon, évidemment fautive, est acceptée par B. de Mandrot, qui reproduit le texte de M'"° Dupont, sans mention de variante. — c. marchea D. — d. ce que luy mesmes m'a À. — f. Les mots et firent un traité par lequel ladicte ville de Caen ont été omis par le scribe de D, évidemment trompé par la répétition du mot Caen. Nous rétablissons d'après les autres manuscrits. — f. Lescut dans D, par

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