‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 148 sur 315 · RIVALITÉS DES VILLES FLAMANDES · texte numérisé non relu

RIVALITÉS DES VILLES FLAMANDES

Bourgongne en sa grant vieillesse en une lictière, tant avoit de hayne contre eulx! pour les grans cruaultéz dont ilz usoient contre ses subjectz en la conté de Namur, et par especial contre ceulx de Bouvynies?®, une petite ville assise à ung quart de lieue près dudit lieu de Dynant, et n’y avoit que la rivière de Meuse entre deux. Et n’y avoit guères que lesdictz de Dynant y avoient tenu le siège, la rivière entre deux, l’espace de huyct mois, et faict plusieurs cruaultéz èst environ; et tiroient de deux bombardes et autres pièces de grosse artillerie continuellement durant ce temps au travers des maisons de ladicte ville de Bouvynies et contraignoient les pouvres gens de eulx cacher en leurs caves et y demourer.

Il n’est creable la hayne que avoient ces deux villes l’une contre l’autre; et si ne faisoient guères de mariages de leurs enfans, sinon les ungs avecques les autres, car ilz estoient loing de toutes autres bonnes villes. L’an precédent de la destruction dudict Dynant, qui fut la saison que le conte de Charroloys estoit revenu de devant Paris, où avoit esté avec les autres seigneurs de France, comme avez ouy, ilz avoient faict ung appointement avec ledict seigneur

a. D a partout Bonnymes, leçon dont la correction s'impose. — b. par P.

1. « Eulx » désigne les bourgeois flamands. Commynes a contre eux une hostilité qui reflète l’opinion de l'entourage ducal. V.-L. Bourrilly (Les idées politiques de Commynes, dans la Revue d'histoire moderne et contemporaine, t. I, p. 105) remarque que les Van den Clyte ont toujours été contraires aux Flamands, en sorte que les préventions de notre auteur sont un héritage de famille.

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