‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 20 sur 315 · II. — L'œuvre · texte numérisé non relu

II. — L'œuvre

1. DATES DE COMPOSITION. — Comme l’exprime en toute simplicité le Prologue, les Mémoires! de Commynes étaient destinés, dans l’esprit de leur auteur, à servir de matériaux à l’archevêque de Vienne, Angelo Cato?, pour une histoire de Louis XI qu’il se proposait d’écrire en latin. Commynes se borne donc à consigner des souvenirs. De là le caractère très libre de sa rédactionÿ.

L'œuvre se compose de deux parties : l'une, comprenant les livres I-VI, se rapporte au règne de Louis XI; l’autre,

C'est celle d’un homme de cinquante ans, tête nue, bien pris, vêtu d’une cotte rouge décorée de ses armes (ci-après, p. xx). Cette représentation doit se rapprocher des miniatures des manuscrits (ci-après, p. xx111, n. 5) et du portrait emprunté au musée d'Arras par H.-F. Delaborde, Expédition de Charles VIII en Italie, p. 117. Entre les écussons du sarcophage, sur un ruban qui lie une gerbe de blé, on remarque la devise suivante : qui non laborat, non manducet (qui ne travaille point ne mangera point).

1. Ce terme est employé maintes fois par Commynes lui-même pour désigner son œuvre. C’est Sauvage qui a, le premier, restitué à celle-ci son vrai titre, méconnu des premiers éditeurs (cf. ci-dessous, p. XXvV-XXVI).

2. Né à Supino, aux environs de Bénévent, Angelo Cato était un Napolitain appartenant au parti angevin. Réfugié en Lorraine auprès des ducs de Calabre Jean et Nicolas, dont il fut médecin et conseiller, il passa au service de Louis XI, qui le fit archevêque de Vienne. Il mourut avant mars 1495 (B. de Mandrot, éd., p. LXxXxIV, d’après une communication rectificative du regretté Prudhomme, archiviste de l’Isère).

3. Commynes n’avait rien d’un lettré. Sur sa façon de composer, cf. ci-après, p. xv. Cependant, il avait bien l’espoir d’être lu. En maint passage, il donne des conseils aux princes, aux jeunes seigneurs, et exprime l'espoir que les traits qu’il raconte puissent leur être d’une utilité pratique. Il ne faut donc pas méconnaître ce caractère didactique de l’œuvre dans la pensée de son auteur.

Page 1