SUSCEPTIBILITÉS CHEZ LES PRINCES
gens et que souvent les grandz services sont rescompenséz par grandz ingratitudes, mais que il peult aussi bien advenir par le deffault de ceulx qui ont faict lesdictz services, qui trop arrogamment veulent user de leur bonne fortune tant envers leurs maistres que leurs compaignons, comme | de la mescongnoissance du prince{. Me deït davantaige que, | à son advis, pour avoir biens en court, que c’est plus grant heur à ung homme quant le prince qu’il sert luy a faict quelque grant bien à peu de desserte, pour quoy il luy demeure fort obligé, que ce ne seroit s’il luy avoit faict ung si grant service que ledict prince luy en fust très fort
Fée obligé; et que les princes ayment plus naturellement ceulx
qui leur sont tenuz3, qu’ils ne font ceulx ausquelz ilz sont tenuz. Ainsi, en tous estatz, y a bien affaire à vivre en ce monde et faict Dieu une grand grace à ceulx à qui il donne Ÿ bon sens naturel. O4
See | Ceste veüe du roy et de monsr le connestablei fut l’an mil
WTllec LXXIIIIS.
1. Le sens est : mais que cela peut arriver tant par la faute des serviteurs, trop arrogants dans la bonne fortune, que par le manque de reconnaissance de la part du prince.