‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 64 sur 315 · Entendez : depuis · texte numérisé non relu

Entendez : depuis

16 PANIQUE DANS PARIS (8 juillet 1465)

ennemys plus que par le deffault du roy; mais les ungs ne les autres ne ne s’en sçauroyent de tous poinctz excuser. Il y eut du menu peuple, comme ay sceu depuis, fort espo- ‘ venté ce jour, jusques à cryer : « Ilz sont dedans! » Ainsile m'ont compté plusieurs depuis. Mais c’estoit‘ sans propoz!. Toutesfois, monsr de Hautbourdin, dont ay parlé icy devant, eust esté assez d’oppinion que on l’eust assaillye, lequel y avoit esté nourry: et n'estoit si forte comme elle est à present?. Les gensdarmes l’eussent bien voulu, tous mesprisant:le peuple, car jusques à la porte estoyent les escarmouches. Toutesfois il est vraysemblable qu’elle n’estoit point prenable. Ledict conte s’en retourna à Sainct Denys. Le lendemain au matinä se tint conseil, sçavoir sy on yroit au devant du duc de Berry et du duc de Bretaigne, qui estoyent près, comme disoit le vichancellier de Bretaigne, qui monstroit lettres d’eulx, mais il les avoit faictes sur des blancs signéz*, et autre chose n’en sçavoit. La conclusion si fut que on passeroit la rivière de Seine, combien que plusieurs oppinèrent de retourner, puisque les lautres avoyent failly à leur jour, et que avoir passé la irivière de la Somme et de Marne? c’estoit assez et suffioit bien sans passer celle de Seine. Et y mectoyent grans oubtes d’aucuns, veu que à leur doz n’avoyent nulles laces pour eulx retirer s’ilz en avoyent besoing. Fort murmuroit tout l’ost sur le conte de Sainct Pol et

a. s’estoit D. — b. pour ceste heure P. — c. Même leçon dans A et B, tandis que P écrit mesprisent, qui a d’ailleurs le même sens. — d. au matin manque dans tous les autres manuscrits sauf À.—e. Ce mot omis par P. — f. Quelques manuscrits donnent suffisoit bien et omettent c’estoit assez. Ces mots manquent dans P.

1. Sur cette panique du 8 juillet, cf. Jean de Roye, éd. B. de Mandrot, t. I, p. 57 et suiv.

2. Certains éditeurs ont substitué ici Oise à Marne. Cette correction n’est nullement justifiée. Sur la marche des armées, voir l'exposé très précis et documenté de H. Stein, Charles de France, p. go et suiv.

LOUIS XI EN BOURBONNAIS (mai-juillet 1465) 17

sur ce vichancellier. Toutesfois ledict conte.de Charroloys alla passer la rivière et loger au pont Sainct Clou!. Le lendemain® qu’il y fut arrivé, luy vindrent nouvelles d’une dame? de ce royaulme qui lui escrivoit de sa main comme le roy partoit de Bourbonnoys et que, à grans journées, alloit pour le trouvert.

7 Or fault ung peu parler comme le roy estoit allé en Bourbonnoys. Congnoissant que tous les seigneurs du royaulme se declairoient contre luy,{au moins contre son nue delibera de courir® sus le premier au duc de Bourboñ, qui luy sembloit s’estre plus declairé que les autres princes3, et que son pays estoit foible, par quoy tantost® l’auroit suppedité/#. Et luy print plusieurs placesÿ, et eust achevé le demourant, si n’eust esté le secours qui vint de Bourgongnef, que mena? le marquis de Rothelin, le seigneur de Montagu et autres’. Et y estoit portant le harnoys le chancellier de France qui est aujourdhuy, homme bien extimé, appelé monsr Guillaume de Rochefort.

Ceste assemblée avoyent faicte en Bourgongne le conte de Beaujeu et le cardinal de Bourbon, frère du duc Jehan

a. Le lendemain de ce qu’il P. — b. et a grans journées alloit P. — c. courre P. — d. au manque dans P. — e. et que tost P. f. affolé P. — g. M et B intercalent ici les mots le seigneur de Coudres. — h. ja P.

1. Sur cette opération du 10 juillet, cf. B. de Mandrot, Dépêches des ambassadeurs milanais, t. III, p. 215.

2. Marie de Clèves, duchesse d'Orléans. Cf. H. Stein, op. cit., p. 91.

ÿ Cf. ci-dessus, p. 10.

4. C'est-à-dire : l’aurait réduit (littéralement foulé aux pieds).

5. Saint-Amand, Montrond, Monluçon. Cf., sur cette campagne, dont Commynes laisse de côté les détails, H. Stein, Charles de France, p. 70.

6. I1 s’agit des cent lances commandées par Philippe de Rothelin, Jean de Montagu et Claude de Montagu.

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