‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 78 sur 315 · Luy » représente ici « le vieil Antoine · texte numérisé non relu

Luy » représente ici « le vieil Antoine

30 BATAILLE DE MONTLHÉRY (16 juillet 1465)

court; et croy que, s’il eust passé oultre deux traictz® d’arc, qu’il eust esté prins, comme aucuns autres qui chassoient devant luy. Et passant par le villaige, trouva une flotte de gens à pied qui fuyoient. Il les chassa, et si n’avoit pas cent chevaux en tout. Il ne se tourna que ung homme à pied, qui lui donna d’un voulge! parmy l’estomac, et au soir s’en veit l’enseigne?. La pluspart des autres se saulvèrent par les jardins?, mais celuy là fut tué. Comme il passoit rasibus3 du chastel, veismes les archiers de la garde du roy devant la porte, qui ne bougeoïient. Il en fut fort esbahy, car il ne cuydoit point qu’il y eust plus ame: de deffence, et tourna à costé pour gaingner le champ, où luy vindrent courre sus quinze ou seize hommes d’armes ou environ (une partye des siens s’estoient ja separéz de luy) et d’entrée tuèrent son escuyer tranchant qui portoit ung guydon de ses armes4#, lequel s’appelloit Philippes d'Oignis*e. Et ledict conte fut en très grant dangier et eut plusieurs coups, et entre les autres ung à la gorge d’une espée, dont l’enseigne luy est demourée toute sa vie, par deffault de sa bavyère qui luy estoit cheutte et avoit esté mal attachée dès le matin, et luy avoye veu cheoir6, et luy furent mis les mains dessus, disant : « Monsr, rendez-vous! Je vous congnois bien; ne vous faictes point tuer! » Tousjours se deffendoit, et sur ce debat, le filz d'ung

a. gectz P. — b. jardrins P. C’est la forme constante du mot dans ce manuscrit. — c. en À et P. — d. son escuyer tranchant, qui s’appelloit Philippe d’'Oignies et portoit un guidon de ses armes M. — e. Orgins D.

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