‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 8 sur 315 · COMMYNES AU SERVICE DU TÉMÉRAIRE A · texte numérisé non relu

COMMYNES AU SERVICE DU TÉMÉRAIRE A

raire, il calme sa fureur, puis ménage adroitement avec le roi de France un arrangement plus profitable qu’honorable et dont Liége fait tous les frais!.

Pourtant Commynes ne quitte pas encore la Bourgogne. Le duc ne lui sait, d’ailleurs, aucun mauvais gré de sa conduite?. En 1470, Commynes remplit plusieurs missions à

une date précise, telle que 1471 (Kervyn, op. cit., t. I, p. 66, et t. Il, p. 6; critiqué par B. de Mandrot, éd., p. xxiv). Un voyage en Castille, auquel fait allusion Commynes (liv. II, ch. van), est moins difficile à dater (cf. ci-après, p. vi).

1. Mie Dupont, dans son édition (t. I, p. 173), commente finement le texte où Commynes (liv. IL, ch. 1x) se met en scène sans se nommer. Elle invoque les lettres royaux publiées par Lenglet dans son édition (t. IV, ch. 11, p. 133), qui précisent le service rendu au roi par Commynes à Péronne, et surtout elle publie (éd., t. IIT, p. 12) d’autres lettres royaux qui visent nettement le rôle décisif joué par Commynes dans cette circonstance délicate. De plus, comme l’a fait observer B. de Mandrot (éd.,t. I, p. 148, n. 1), on trouve une confirmation chez l’historien de la maison de Foix, Leseur (éd. H. Courteault, t. II, p. 244). Tout cet ensemble de textes est concluant. Il montre avec toute la clarté souhaitable que notre auteur, devenu conseiller intime du duc, a servi d’intermédiaire entre celui-ci et le roi. Il s’agissait d’abord d'éviter au Téméraire un crime commis sous l'empire de la colère. Puis il semble bien que Commynes a subi la séduction de cette « sirène » qu'était Louis XI. Il a travaillé dès lors pour lui, nôn sans garder de l’épisode l'opinion que les entrevues princières sont fâcheuses, et cette appréciation reparaît plusieurs fois sous sa plume. Enfin, ce fut Commynes qui élabora le pacte célèbre en vertu duquel le roi abandonnait les Liégeois, qu’il avait encouragés, et s’humiliait jusqu’à accompagner le duc dans son expédition pour les soumettre.

2. La preuve que Charles le Téméraire n’a rien reproché à Commynes à propos de Péronne, c’est que, par lettres du 1° octobre 1460, il le décharge de tout ce qui pouvait être encore dû par lui, du chef de son père, au trésor ducal (M'e Dupont, éd., p. xvu).

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