PRÉPARATIFS EN ANGLETERRE
pour gens de cheval. Car, pour aucunes fins qu’il pretendoit ès Ytalies, il avoit retiré quelque mil hommes d’armes ytaliens, que bons que mauvais!, et avoit pour chef d’entre eulx ung appelé le conte de Compobache?, du royaume de Naples, de très mauvaise foy et très perilleux. Il avoit aussi Jacques Gallyot, gentil homme de Naples‘, très homme de bien, et plusieurs autres que je passe pour briefveté. Semblablement avoit bien le nombre de trois mil Angloys, très gens de bien, et ses subgectz en très grant nombre, bien montéz et bien arméz, et qui jà long temps avoient exercé le faict de guerre, et une très grande et puissante artillerie : et tout cecy avoit-il tenu prest pour se joindre avecques les Angloys à leur venue, lesquelz faisoient toute diligence en Angleterre.
Mais les choses y sont longues, car le roy ne peult! entreprendre une telle œuvre sans assembler son parlement, qui vault autant comme les troys estatz“, qui est chose très juste et‘ saincte *, et en sont les roys plus fortz et myeulx serviz quant ainsi le font en semblables matières. Quant ces estatz sont assembléz, il declaire“ son intention et° demande ayde sur ses subgectz, car il ne se liève nulles aydes en Angleterre, si ce n’est pour passer en France ou pour aller en Escosse, ou choses assez/ semblables ; et très voluntiers et liberallement ilz les accordent, speciallement pour passer en France. Et est bien une practicque que ces roys d'Angleterre font quant ilz veullent amasser argent, que faire semblant d'aller en Escosse et faire armées. Et pour lever grant argent, ilz font
a. P ajoute aussi. — b. n’eust pu À. — c. et très P. — d. et declairé P. — e. il P. — f. a fraiz P ; ou aultres fraiz B et M.